Principales activités volcaniques de 2008 commentées sur ce site...


Llaima (Sud Chili): 01/01/2008 - 03/07/2208

Popocatepetl (Mexique): entre 09/01 & 14/01/2008

Tungurahua (Equateur): 07/01/2008 - 07/02/2008 - 26/06/2008

Shiveluch (Kamchatka; Fédération de Russie): 17/01/2008

Galeras (Colombie): 17/01/2008

Kilauea (Hawai, USA): 13/03/2008; 19/03/2008; 25/03/2008; 09/04/2008; 12/07/2008; 06/09/2008

Egon (île de Flores, Indonésie): 16/04/2008

Nevado del Huila (Colombie): 15/04/2008

Semeru (île de Java, Indonésie): 23/05/2008

Chaiten (Sud Chili): 04/05/2008 à actuellement (2009) : 02/05/2008; 05/11/2008

Soputan (Nord Sulawesi, Indonésie): 08/06/2008

Arenal (Costa Rica): 10/06/2008

Masaya (Nicaragua): 26/06/2008

San Cristobal (Nicaragua): 12/07/2008; 23/11/2008

Okmok (Alaska, USA°: 12/07/2008

Soufriere Hills (île de Montserrat): 29/07/2008; 03/12/2008

Piton de la Fournaise (île de la réunion, France) : 21/09/2008; 15/12/2008

Villarica (Sud Chili): 05/11/2208

Pacaya (Guatemala) : 06/11/2008

Dalafilla (Ethiopie) : 06/11/2008

Reventador (Equateur): 10/11/2008

Mt Akan (île d'Okkaido, Japon): 19/11/2008

Nevado del Huila (Colombie): 21/11/2008

Koryaksky (Kamchatka, Fédération de Russie): 31/12/2008


Volcans en états d'alerte ...

Machin (Colombie): 11/11/2008


 

11/11: MACHIN (Colombie): l'observatoire volcanologique de Manizales informe que, le 8 novembre entre 12h40 HL et 14h42 HL,  le volcan Cerro Machín a connu une forte augmentation d'activité sismique avec 122 évènements de type volcano-tectonique (VT), associés à des fractures à l'intérieur de l'édifice volcanique, localisés à une profondeur comprise entre 2 et 5 km. à l'est du cratère. A 13h01, un séisme plus violent a secoué la région de Cajamarca et d'Ibagué (Département de Tolima). Il avait une magnitude 3.5 sur l'échelle de Richter et un foyer situé à une profondeur de 3.51 km. Le 9 novembre, un nouvel essaim de 375 séismes a frappé la zone du volcan. La majorité des secousses étaient situées à  2.5 - 5 km sous le dôme volcanique et vers le secteur oriental de la structure. Six secousses de Ma > 2.5 ont été ressenties dans la région. Pendant ce temps, les inclinomètres localisés autour du volcan ont montré des changements importants. Les habitants des zones voisines du volcan ont signalé des variations au niveau des fumerolles et des glissements de terrain ayant causé des dégâts. INGEOMINAS. Environ 500 personnes ont été évacués de la région proche du volcan Machin et l'état d'alerte a été élevé au niveau jaune. La dernière éruption connue du volcan Cerro Machin a eu lieu il y a ~800 ans. Pour rappel, les deux autres volcans les plus actifs de Colombie, le Galeras (en alerte jaune) et le Nevado del Huila (en alerte orange), sont toujours assez actifs. En fin de journée du 10/11, l'activité sismique a fortement diminué.

 

 

15/04 : le CVGHM  (Centre des risques volcaniques et géologiques d'Indonésie) a signalé que le réseau de surveillance sismique avait enregistré un signal de vibration volcanique ("tremor") au Papandayan le 15 avril. Des mesures réalisées le 16 avril  sur les fumerolles sommitales ont révélé une augmentation de la température alors que des modifications de la chimie des eaux ont été observées  depuis le 7 avril dernier. Des panaches blancs continuent de s'élever à une altitude de 2,7 km asl et n'ont pas varié. Le CVGHM  a élevé l'alerte au niveau 2 (sur une échelle de 4) et rappelle aux visiteurs ne pas s'aventurer à moins d'un km du cratère actif. G.V.P..

 

27/01: Poás (Costa Rica) : une éruption phréatique s'est produite le 13 janvier à 09h00 à l'intérieur du périmètre de son lac acide chaud. La nouvelle a été diffusée en primeur par un garde du Parc ("Park Ranger") qui a signalé que le jet de forme cyprésoïde, issu du centre du lac, contenait de l'eau et des sédiments. Il a atteint une hauteur de 200 mètres puis est retombé en causant une modification de la couleur du lac, passant du vert foncé au blanc intense. Une inspection de terrain a également révélé que l'explosion avait généré une vague haute de 1,5 m. sur tout le pourtour du lac, laissant une marque le long de sa rive. Au Sud et au nord de la terrasse du dôme, des giclées de sédiments localisés à 8 m. du rivage ont été trouvées. Ces poches de sédiments, dont l'épaisseur n'excède pas 10 cm, ont été lessivées, probablement lors du retour de la vague. Aucun bloc n'a été éjecté lors de cette explosion. L'observateur signale également le calme qui régnait avant l'éruption. E. Duarte, E. Fernández. (OVSICORI-UNA)

 

26/01: le volcan Ol Doinyo Lengai (Tanzanie) reste toujours très actif en ce début d'année 2008. Le 14 janvier dernier, un groupe de 4 personnes a été surpris par une violente explosion, générant une pluie de bombes, à seulement 50 mètres du cratère. Les quatre grimpeurs avaient emprunté la voie ouest via la Porte Nacrée (Pearly Gates) et avaient achevé l'ascension de six heures sur une pente extrêmement raide longue de 200 mètres. Ils atteignirent le sommet à 06h52. Les gaz rendaient la visibilité si réduite dans la zone sommitale que le groupe décida de redescendre de 50 mètres, ce qui leur sauva probablement la vie. Après dix minutes de descente, à  07h15, un bruit de tonnerre assourdissant en provenance du volcan claqua dans l'air. Un jet constitué de nombreux fragments rocheux (beaucoup de la taille d'un ballon de football) se dirigea alors vers le groupe. A ce moment, le guide local lança : "aujourd'hui, nous allons mourir". C'est alors que les téméraires se jetèrent à corps perdu dans les pentes du volcan, poursuivis par un nuage de cendre et de roches. Ils dévalèrent le cône en une heure, sautant par-dessus les crevasses et fissures, alors qu'il leur avait fallu six heures pour le monter. Durant un moment, le guide pensa que de la lave (coulée) allait surgir mais, fort heureusement, ce ne fût pas le cas. Finalement, aucune des quatre personnes ne fût sévèrement blessée, juste quelques égratignures et coupures.

http://www.mtsu.edu/~fbelton/latestnews.html (en anglais)

D'autre part, un petit groupe de "Volcano Discovery" (Tom Peiffer) a séjourné dans la zone du volcan entre les 17 & 21 janvier derniers. Durant cette période, l'activité du volcan était caractérisée par l'alternance de phases d'émission de cendre pendant plusieurs heures et de phases de repos avec émission de très fines particules de cendre grise et de gaz. Voir des photos et le rapport (en anglais).

 La morphologie du sommet du volcan des Dieux est bouleversée ! En lieu et place des hornitos habituels, un énorme cône strombolien ("cinder cone") trône au centre du cratère nord. Voir les photos sur le site web de Frederick Belton.

 

31/12: KORYAKSKY (Kamchatka, Russie): ce volcan (alt.: 3456 m.) situé au nord de la ville de Petropavlosk s'est réveillé le 24 décembre dernier ! Sa dernière éruption, de type explosif, a débuté en décembre 1956 pour se terminer en juin 1957.

Le volcan a libéré un dense panache de cendre qui s'est répandu sur une distance de 60 km au NE de l'édifice ainsi qu'un nuage plus diffus qui s'est déplacé jusqu'à 140 km vers le NE. Les observations visuelles indiquent que l'origine des émissions était une bouche située à ~3000 m. d'altitude (asl) située sur le flanc NO du volcan, bouche de laquelle émanait une colonne sombre haute de 200-300 mètres. Le volcan a également produit un bruit d'explosion audible. Deux séismes ont été enregistrés le 23 décembre à une profondeur de 5 km sous le volcan. En l'état actuel, l'absence de séismicité significative et la hauteur réduite de la colonne éruptive suggèrent un phénomène de type fumerollien plutôt qu'un mécanisme éruptif de grande ampleur. "Volcanism Blog"

Pour des photos de l'activité actuelle, voir le site web du KVERT

 

27/12: SOUFRIERE HILLS (île de Montserrat; Caraîbes): l'activité du volcan Soufrière Hills a augmenté au cours de la semaine passée en correspondance avec une extrusion lavique sur les versants nord, ouest et sud-ouest du dôme suivie d'éboulements et d'écoulements pyroclastiques vers Chance Peak, Plymouth et Tyers Ghaut. 

Les premiers écoulements pyroclastiques ont parcouru le goulet Tyers (Tyers Ghaut) le 20 décembre. Au cours des jours suivants, plusieurs écoulements plus importants ont très probablement atteint le fond du goulet (2 le 21 décembre, 1 durant la nuit du 23 au 24 décembre et 2 le 25 décembre). Le 24 décembre, un important écoulement pyroclastique a atteint Plymouth et probablement la mer, accompagné d'un panache de cendre atteignant approximativement 3 km.  Durant cet événement, aucune chute de cendre n'a été signalée dans les zones habitées. L'extrusion de lave s’est poursuivie au cours de la semaine et de l'incandescence était visible la nuit sur le dôme chaque fois que le temps était favorable. De gros blocs incandescents, déposés par des éboulements et des écoulements pyroclastiques, étaient visibles la nuit à plusieurs reprises dans les parties supérieures et moyennes de Tyers Ghaut.

Le MVO a enregistré 693 éboulements, 142 événements longue-période (LP) et 17 hybrides au cours de la semaine passée. L'activité séismique est principalement restée associée à l'activité au dôme. L'augmentation du nombre d’éboulements pendant la semaine (>80% comparé à la semaine précédente) suggère un plus haut taux d'extrusion de lave sur le dôme.

Le flux moyen d'anhydride sulfureux (SO2) était de 200 tonnes par jour avec un minimum de 60 et un maximum de 267. Ces valeurs sont inférieures à celles de la semaine dernière.

La nouvelle extrusion de lave et les écoulements pyroclastiques, qui atteignent la partie la plus basse de Tyers Ghaut ainsi que Plymouth, augmentent les risques au nord-ouest et à l'ouest du volcan. Si l'extrusion de lave continue au taux actuel, plus d’écoulements pyroclastiques, peut-être plus importants, sont à prévoir. 

Le lundi 22 décembre, le niveau de risque est passé de 3 à 4 en raison des écoulements pyroclastiques répétés dans la partie la plus basse de Tyers Ghaut. MVO

 Photos du MVO


03/12: SOUFRIERE HILLS (île de Montserrat; Caraîbes): le 02/12 à 21h35, le volcan a émis une coulée pyroclastique. L'explosion est survenue sans avertissement et sans signal sismique précurseur. L'explosion semble avoir eu lieu sur le flanc occidental du dôme de lave et a expulsé d'énormes blocs à plus d'un kilomètre du dôme. Des blocs incandescents, issus d'une explosion verticale, ont été éparpillés sur le versant nord-ouest de la montagne Gages ("Mountain Gages").  La coulée pyroclastique s'est répandue sur le flanc occidental du volcan en parcourant la vallée "Gages" et a pénétré la ville désertée de Plymouth. Elle a atteint la mer après deux minutes. La coulée pyroclastique principale a généré plusieurs coulées latérales ("pyroclastic surges") dont l'une est montée sur les pentes de la Colline St Georges en brûlant des secteurs forestiers. Elle aurait failli atteindre son sommet. Les dépôts de la coulée pyroclastique semblent contenir très peu de matériaux ponceux suggérant que le matériau originel provenait du dôme (< effondrement du dôme) et non de lave fraîche. Les explosions ultérieures pourraient avoir été déclenchées lorsque l'effondrement a mis à nu des secteurs de lave incandescente pressurisée (cryptodôme). L'explosion et la coulée pyroclastique ont généré des colonnes de cendre et des coups de foudre associés. Le niveau d'alerte "3" est maintenu. M.V.O.


06/12: trois autres explosions, d'intensité plus faible, ont eu lieu depuis celle du 2/12 dernier. Les deux premiers évènements explosifs se sont produits le 3/12 à 20h43 HL et le 4/12 à 16h22 HL. Aucun des deux n'a produit de coulée pyroclastique. Le quatrième évènement fût similaire au premier, bien que plus faible. Il s'est produit le 5/12 à ~5h41 HL. Une nouvelle fois, l'explosion a éparpillé des blocs incandescents sur le versant NO de Gages Mountain et une coulée pyroclastique est descendue la vallée Gages en direction de Plymouth, semble-t-il sans atteindre la mer cette fois. Depuis la première explosion, trois petites coulées pyroclastiques ont dévalé la vallée Gages. Elles étaient plus lentes que les deux coulées pyroclastiques associées aux deux évènements explosifs et ont, par conséquent, parcouru une distance plus courte, c'est-à-dire moins de ~3 km du dôme. L'activité de cette semaine a démontré que des explosions et coulées pyroclastiques peuvent survenir sans aucun signe précurseur. De la même façon, des coulées de boue (lahars) pourraient se produire sans avertissement, essentiellement lors de périodes de fortes précipitations. M.V.O.

15/12: Piton de la Fournaise (île de la Réunion, France) : le volcan est à nouveau en éruption. La crise sismique a débuté cette nuit. La lave s’écoule à mi-pente à l’intérieur du cratère Dolomieu. L'éruption a débuté à 2h45 et est similaire aux deux précédentes par le fait que la lave s'écoule à mi-pente à l'intérieur du cratère Dolomieu. Hier, entre 10h20 et 14h20, l’observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise a enregistré une crise sismique considérée comme "de forte ampleur, avec plusieurs centaines de séismes (une dizaine de séismes par heure), dont certains ont atteint une magnitude supérieure à 2,5.

L’éruption, qui a débuté lundi matin vers 2h45, se poursuit à l’intérieur du Dolomieu à un rythme faible. Toute activité a cessé dans la paroi nord-est du gouffre, nous signalait hier après-midi depuis le sommet François Martel-Asselin. En revanche on observe de gros bouillonnements sur la fissure située au nord-nord-est, un peu à l’est de la Soufrière en grande partie effondrée”, sur la droite de la photo. Clicanoo; Fournaise.info (photos)

Video réalisée d'hélicoptère par Imaz Press


28/11: Piton de la Fournaise (île de la Réunion, France): après plusieurs crises sismiques depuis début novembre, une nouvelle brève crise a débuté ce jeudi matin entre 11h25 et 11h40. Ensuite le trémor est apparu à 11h50. D'après les cartes de trémor, l'éruption se situe dans le Dolomieu. Une reconnaissance à pied de l’OVPF/IPGP a confirmé que l’éruption se déroule sur les mêmes fissures que l’éruption du 21 septembre dernier. Elle se situe à l’intérieur du Dolomieu sur le côté ouest (sous le cratère Bory). Le débit de la lave, issue de deux bouches éruptives, semble similaire à la dernière éruption et la lave s’étale sur la coulée en place, dont elle a couverte environ 50% (15h30). Une faible quantité de cheveux de Pélé a été vue seulement à l’intérieur du cratère Bory. Fournaise.info; Clicanoo + vidéo. Fin de l'éruption en cours de matinée.

 

23/11: SAN CRISTOBAL (Nicaragua): durant deux jours, le volcan a éjecté des nuages de gaz et de cendre accompagnés d'une série de petites secousses sismiques (Ma max = ~4). L'INETER a déclaré que l'éruption, qui a débuté samedi, ne pose pas de danger imminent pour les populations voisines du volcan qui se trouve à 110 km au NO de la capitale, Managua. La dernière activité éruptive, similaire à celle-ci, a eu lieu le 14 juillet dernier.

Sismogramme, complètement saturé, d'une station sismique proche du volcan - Fiche du volcan (INETER)

Article du quotidien nicaraguayen "El Nuevo Diaro"

21/11: NEVADO del HUILA (Colombie; ~240 km au SO de Bogota): des milliers de gens ont été évacués jeudi 20/11 dernier après que le volcan Nevado del Huila soit entré en éruption. Les autorités ont déclaré l'état d'alerte maximum (rouge) et ont ordonné une évacuation complète des habitants résidant à proximité du Huila. L'éruption a débuté à 21h45 HL et a provoqué une coulée de boue qui a emprunté le lit de la rivière Paez. Le lahar a affecté, sans causer de victimes, une communauté indigène installée le long du cours d'eau. Pour rappel, une éruption du volcan en 1994, après 500 ans de repos, avait causé la mort de plus d'un milliers de personnes résidant près du volcan. "Colombian Reports".

Séquence vidéo de la BBC

Reportages des chaînes TV colombiennes postées sur "youtube".

Les habitants de plusieurs villages ont signalé d'abondantes chutes de cendres et de bruits associés à l'évènement éruptif et au passage de la coulée de boue dans la vallée de la rivière Paez. Le VAAC de Washington a signalé que deux colonnes de gaz et cendre avaient atteint des hauteurs approximatives de 5 et 10 km au-dessus du cratère suivie d'une dispersion respectivement vers l'ouest et sud-ouest de l'édifice volcanique. A 2h30 HL, l'INGEOMINAS  a noté une diminution de l'activité sismique en rapport avec un arrêt du processus éruptif pyroclastique alors que l'activité éruptive poursuivait son évolution.

22/11: quatre personnes au moins auraient été tuées par des avalanches et coulées de boue générées par la reprise d'activité du volcan Huila. Le lahar principal, qui a dévalé la vallée de la rivière Paez, a débordé du lit du cours d'eau sur une largeur de ~200 mètres et aurait tout emporté sur son passage. Plusieurs ponts, au moins huit, auraient été détruits par les coulées de boue, coupant l'accès à plusieurs centres habités dont la ville de Belalcazar.

Selon le rapport de l' INGEOMINAS de Popayan du 21/11 publié à 18h30 HL, un survol a permis de constater l'existence d'un nouveau cratère, large de ~400 m., dans le secteur SO du Pic Central. L'intérieur de ce cratère contient un corps magmatique, en forme de dôme, émettant une colonne de gaz (voir photos ci-dessous) atteignant une hauteur de 2000 m. au maximum. 

 

Vidéo du survol du 21/11

Vidéo du survol du 09/11

Le 11 novembre dernier, le VAAC de Washington avait déjà rapporté que des émissions occasionnelles de gaz et, peut-être aussi, de cendre avaient été détectés sur l'imagerie satellitaire. Du 12/11 au 18/11, l'INGEOMINAS continuait de recevoir des rapports signalant de fortes odeurs de soufre et des chutes de cendres dans les zones situées à l'ouest et au sud-ouest du volcan. Les 13 et 14 novembre, l'imagerie satellitaire a détecté 14 évènements d'émissions de cendre. Selon le VAAC de Washington, un pilote a observé une colonne de cendre le 14 novembre qui s'est élevé à 6.1 km asl et s'est dispersé vers le SO. GVP. L'éruption la plus récente a eu lieu le 14 avril et avait forcé l'évacuation de 3500 personnes.

19/11: Mt AKAN (île d'Hokkaido, Japon) : le 17 novembre dernier, la JMA (agence météorologique japonaise) a élevé le niveau d'alerte du complexe volcanique du Mt Akan au niveau 2 puis 3 (sur une échelle de 5) après un épisode de tremor volcanique qui a duré 171 minutes. Le 18/11, les images d'une webcam braquée sur le volcan ont montré que les pentes S, habituellement enneigées en cette saison, étaient obscurcies. En fin de journée, les experts du JMA ont survolé la zone et ont identifié une couche de cendre s'étendant jusqu'à 400 m. du cratère Ponmachinesshiri. Les experts ont également constaté que des débris balistiques lithiques larges de plusieurs cm s'étaient déposés autour du cratère.
10/11: REVENTADOR (Equateur): le volcan Reventador, l'un des plus actifs du pays, a rejeté une "colonne de vapeur et de cendres" qui s'est élevée jusqu'à deux kilomètres au dessus du cratère, dans la nuit de samedi à dimanche, selon l'Institut géophysique national. Face à cette situation, les autorités ont décidé de suspendre le trafic aérien en direction de Quito en fin de matinée, a indiqué Mercy Romero, porte-parole de la Direction aéronautique civile. "Il s'agit d'une mesure préventive", a précisé M. Romero, n'excluant pas que les vols puissent reprendre dans le courant de la journée de dimanche. Le volcan a pour l'instant expulsé une "quantité modeste" de cendres, selon l'Institut géophysique d'Equateur (I.G.). Dès le 9/11 à 19h13 GMT, le VAAC de Washington a également diffusé un message à destination de l'aviation civile, le panache de cendre se dirigeait à ce moment vers l'ouest. Le volcan est situé sur une montagne de 3485 m d'altitude, dans une zone non habitée mais proche d'un oléoduc. Pour rappel, la dernière activité (effusive) de ce volcan a eu lieu en juillet 2008. Le volcan a connu une violente éruption en 2002 qui a éjecté de la cendre jusqu'à une hauteur de 17 km et émis sur ses pentes une coulée pyroclastique longue de près de 8 km. A l'époque, une épaisse couche de cendre a recouvert Quito située à ~100 km à l'ouest. En fin de journée, l'activité du volcan a nettement diminué.

Projection de matériaux incandescents au-dessus du cratère du Reventador

 

6/11 : des instruments de détection par satellite ont détecté une éruption en Afar Septentrional (Ethiopie) le 3 novembre dernier. L'instrumentation OMI ("Ozone Monitoring System") et AIRS ("Atmospheric Infrared Sounder") ont révélé que l'éruption s'est manifestée en premier lieu par un panache de dioxyde de soufre (SO2) se déplaçant vers l'est en direction de la péninsule arabique. Les données de l'Université d'Hawaii "MODVOLC" (détection de point chaud) ont confirmé un point chaud de grande envergure (potentiellement des coulées de lave) à proximité du volcan Alu et Dalafilla situé dans la partie septentrionale de la chaîne de l'Erta'Ale. Des données de terrain doivent encore confirmer ces résultats. Un total de 0.1-0.2 Tg de SO2 a été mesuré par l'instrumentation "OMI" dans le nuage éruptif à 11h00 GMT le 4/11 lorsque le nuage avait atteint l'Iran Méridional. Selon l'instrumentation "OMI", l'éruption aurait débuté le 3/11 entre 14h00 et 16h00 GMT. Par ailleurs, quelques sites web de  presse (notamment celui de la BBC) rapportent également une éruption dans l'Afar. L'éruption aurait été caractérisée par des épanchements laviques qui auraient recouvert ~300 km2 entre les volcans Alu et Dalafilla.

Données MODIS de la zone affectée par l'éruption  -   Données de détection "OMI" du panache de SO2 issu de l'éruption.

Selon des informations lues sur le site web de la "revue éthiopienne", le volcan qui aurait connu une brève activité éruptive à partir du 3/11 dernier pourrait être le Dalafilla (ou Gabulli). Ce cône élancé, culminant à 300 m. au-dessus de la plaine lavique environnante, est situé au SE du volcan Alu. Sa morphologie, inhabituelle dans la Chaîne de l'Erta'Ale, est le résultat de l'extrusion de coulées siliceuses ayant édifié un édifice primitif dont les basses pentes atteignent 35°. Des coulées basaltiques, issues de fissures régionales, entourent le volcan culminant à l'altitude de 613 m.. Une activité fumerollienne est présente dans le cratère sommitale large de ~100 m. Selon de nouveaux articles, des observateurs ont signalé que le sol avait tremblé, qu'il avaient entendu des bruits sourds à distance et avaient vu de la fumée. Les anomalies thermiques (MODVOLC) ont perduré du 3 au 6 novembre.

L'imagerie satellitaire nocturne de la zone éruptive du 8/11  a révélé un champ lavique complexe à plusieurs lobes, comportant une coulée primaire canalisée qui a circulé vers le NE. Les coulées semblent provenir de fissures éruptives orientées N0-SE au NO du Dalafilla. Sur les images du 8/11, le champ de lave a une longueur de 9,3 km et une largeur de 3 km, couvrant une zone de 15 km2. Les anomalies thermiques détectées par les satellites étaient encore présentes entre le 12 et le 16 novembre. GVP

6/11: PACAYA (Guatemala) : en plus de l'activité effusive (actuellement, il y a 4 coulées longues de ~100 m. et, plus bas, 2 coulées longues de ~50 m.) qui a débuté le 12 avril 2006 et se poursuit en remplissant progressivement la zone située entre le cône actif et le cratère Cerro Chino au nord, le cratère MacKenney est à nouveau actif et projette des lambeaux de lave incandescente à environ 25 mètres de hauteur maximum. INSIVUMEH.

 

Par ailleurs, selon l'analyse de l'imagerie satellitaire, le VAAC de Washington a signalé l'émission possible,le 2 novembre dernier, d'un panache pyroclastico-gazeux qui aurait été ensuite transporté vers l'est.

5/11: CHAITEN (SUD CHILI) : l'existence d'un dôme lavique récent a été constatée au cours de survols effectués le 30/10 dernier. A cette occasion, les experts du SERNAGEOMIN ont pu observer un nouveau dôme (dôme 2) au NE, sur le dôme qui a commencé à se former en mai (dôme 1). Ce dernier, à son tour, a recouvert lentement  le dôme ancien, particulièrement dans le secteur nord. Durant le mois d'octobre, la croissance du dôme 1 a eu lieu clairement dans le secteur NE aboutissant à la fermeture du pourtour de la caldera dans ce secteur. Le nouveau dôme présente à sa base inclinée un diamètre de 300 mètres et culmine à environ 150 mètres. A son sommet, le dôme présente quelques aiguilles ou pinacles formés d'énormes blocs de lave visqueuse émergente.

Le 30 octobre dernier, la colonne éruptive, principalement constituée de vapeur d'eau, était diffuse et s'élevait à un peu plus de 1 km au-dessus du dôme. Des explosions mineures ont également été signalées dans l'après-midi du 29/10 et pourraient être dues à des obstructions partielles dans la partie supérieure des conduits éruptifs. Le SERNAGEOMIN n'exclut pas des explosions latérales à partir de cratères qui pourraient s'ouvrir en tout point du complexe de dômes.

Séquence vidéo diffusée sur le site web de la BBC

 

05/11: VILLARICA (Chili Central) : le 26/10 dernier, l'organisme chilien SERNAGEOMIN a signalé que trois panaches grisâtres, contenant une faible quantité de cendre, ont été émis par le volcan. Ils ont atteint une altitude de 3.2 km asl . Vingt minutes plus tard, un panache plus sombre a atteint une altitude de 3.3 km asl..

POVI (Chili).

21/09: Piton de la Fournaise (île de la Réunion, France) une éruption effusive a débuté ce dimanche 21 septembre vers 16h dans le cratère Dolomieu. Après une dizaine de séismes, dont un de forte amplitude, le trémor est apparu vers 15h30 (heure locale). L’éruption a lieu dans le Dolomieu, comme prévu, et se déroule à mi-hauteur dans la partie ouest, sous le cratère Bory. Un petit lac de lave s'est déjà formé. Pour lire des informations plus détaillées et voir des photos: Fournaise info; Imaz Press; Clicanoo

Thomas Staudacher
OVPF/IPGP

L'éruption s'est terminée le 2 octobre.

06/09: KILAUEA (Big Island, Hawai, USA) : depuis l'ouverture d'une bouche dans le cratère Halema'uma'u le 19 mars dernier, des scientifiques du H.V.O. ont pu observer d'hélicoptère, pour la première fois, la surface d'un lac de lave incandescent bouillonnant, ayant un diamètre de ~50 mètres,  à ~100 m. sous la bordure de l'évent.

Le lac est très actif (voir vidéo) et est le siège d'une convection régulière présentant  en son centre un chenal de réalimentation alors que les processus d'enfouissement du magma ont lieu à la périphérie du lac. Le niveau du lac baisse légèrement avant chaque nouveau cycle (mécanisme de pistonnage gazeux entraînant du matériel incandescent suite à l'explosion des bulles de gaz sous la croûte solidifiée du lac). 

A noter que les scientifiques du H.V.O. avaient déjà suspecté la présence d'une étendue de lave à quelques centaines de mètres sous l'évent du Halema'uma'u (webcam) mais n'avaient jamais pu obtenir confirmation jusqu'à ce matin du 5 septembre.

Pour rappel, la bouche du Halema'uma'u a produit six évènements explosifs significatifs au cours des cinq et demi derniers mois. Le plus récent a eu lieu le 2 septembre à 20h13 h.l. (secousse associée de Ma=2.8) et a été accompagné de l'éjection de scories de lave fraîche et de matériel lithique (fragments de roche et de poussière). Avant cet évènement, la bouche ne présentait quasi pas d'incandescence à l'exception de brèves poussées épisodiques de lueur rougeoyante.

Environ 8 heures plus tard, le sommet du Kilauea a subi un processus brutal d'inflation après 39 heures de déflation. Les évènements de déflation - inflation (DI) ont été observés au moins 20 fois depuis l'ouverture de l'évent du Halema'uma'u. Chaque DI a été interprété comme étant la conséquence d'une descente suivie d'une remontée du niveau du magma sous le sommet. Moins de 8 heures après le début du processus d'inflation, des poussées épisodiques de "tremor" ont eu lieu et ont été accompagnées, durant la nuit, de poussées de lueur rougeoyante toutes les 5-6 minutes. Ces poussées épisodiques de "tremor" ont été constantes durant les derniers mois et suggèrent, à l'évidence, l'existence d'une source où se déroule un phénomène de "pistonnage gazeux" (gaz pistoning).

Le lac de lave n'est pas directement visible à partir du point de vue situé à l'extérieur du "Jaggar Museum" mais celui-ci a l'avantage de fournir d'excellentes vues sur l'évent illuminé durant la nuit.

28/08: du 15 au 22 août, le M.V.O. a signalé que la croissance de la portion ouest du dôme de lave de Soufrière Hills se poursuivait. Les éboulements rocheux et la séismicité de type longue période ont augmenté. La plupart des chutes de blocs, fréquemment suivis de panaches de cendre,  se sont produits sur le flanc ouest du dôme de lave dans un nouveau chenal qui s'est creusé sous la Paroi Gages ("Gages Wall"). Le 19 août, une coulée pyroclastique a emprunté la vallée de la rivière Tar. Le 25 août, une coulée de matériaux pyroclastiques, induite par les pluies, s'est produite sur le flanc ouest et s'est subdivisée en deux flots causant une chute de cendres et l'apparition d'une forte odeur dans les zones septentrionales. Cet évènement a causé l'élargissement et le creusement du couloir d'éboulements situé sous Gages Wall. Le niveau de risques est maintenu au niveau 3.

29/07: SOUFRIERE HILLS (Montserrat): un effondrement partiel du dôme s'est produit sur le flanc occidental du volcan. L'évènement a débuté le 28 juillet à 23h27 (heure locale) sans signe précurseur. Une partie de la portion occidentale du dôme s'est effondrée en générant des coulées pyroclastiques qui ont atteint Plymouth et la mer. Il y a eu également quelques explosions à ~23h32. La colonne de cendre a atteint une altitude ~12 km au-dessus du niveau de la mer. M.V.O.


Petite coulée pyroclastique du 21 juillet dernier ( M.V.O.).

La reprise d'activité volcanique a débuté le le 20 juillet vers 22h (h.l.) en produisant au moins six évènements éruptifs (émission de cendre peu puissante) du 20 au 22 juillet.

Des grondements, par moments en continu, se sont fait entendre à Salem, Old Towne et Olveston durant les trois premiers épisodes éruptifs du 20 et 21 juillet. A cette occasion, de petites coulées pyroclastiques ont également été générées sur le flanc oriental et ont emprunté la vallée de la rivière Tar.

Le 26 juillet, l'activité sismique a commencé à augmenter vers 1h du matin (h.l.) en produisant des secousses hybrides (VT). Le nombre de secousses hybrides a augmenté lentement et a culminé à ~21h. avec ~15 évènements/heure. Dans le même temps, quelques évènements de longue période (LP events) ont également été enregistrés. Après une courte période de décroissance, l'activité sismique a repris le 27 juillet avec un maximum d'évènements (> une secousse/minute) vers 3 h du matin. Dans le même temps, une activité d'émission de cendres s'est produite durant ~15 minutes le 27 juillet à ~9h35 (h.l.). La source éruptive était probablement localisée à la bouche "Gages vent". Une colonne éruptive a atteint ~2,5 km asl. Deux petits épisodes éruptifs ont suivi. M.V.O.

 

15/07: OKMOK (Alaska, USA): le volcan OKMOK, s'élevant sur l'île Umnak dans la partie orientale de l'archipel des Aléoutiennes, est entré en éruption le 12 juillet en projetant un volume important de gaz et de cendres qui retombent sur l'île d'Unmak. La cendre est également transportée au loin par les vents dominants de la région en affectant les îles voisines. Le code d'alerte de l'aviation civile a viré au rouge (niveau d'alerte maximum). Toutes les zones autour du volcan sont considérées à risques.

L'éruption a débuté soudainement à 11h43 après ~30 minutes d'une augmentation rapide de l'activité sismique.

Les cendres et les gaz issus des explosions initiales ont atteint une altitude de ~15 km (asl). Un important nuage éruptif a dérivé vers le sud et l'est. 

Sur base des données satellitaires de l'A.V.O., la cendre continue à être émise d'un cône composite de scories et de cendres (Cône D) situé dans la partie orientale de la caldera sommitale, large de 6 km. Il semble que l'éruption produise des matériaux  très riches en eau en raison de l'interaction entre le magma ascendant et de poches d'eau superficielles. 

Selon les données de l'A.V.O, cette éruption paraît être plus puissante que les crises éruptives antérieures de 1945, 1958 et 1997. Jusqu'à présent aucune coulée de lave n'a été émise. A.V.O..

 

12/07: KILAUEA (Big Island, Hawaii, USA):  la lave, issue d'un point situé à ~2 km du Pu'u O'o au lieu-dit des "Royal Gardens", entre à nouveau dans l'océan Pacifique depuis le 4 juillet dernier. Une fontaine de lave, haute de 12 mètres, a marqué pendant quelques jours la sortie de la lave en surface (séquence vidéo). Lire aussi les informations de la mise à jour quotidienne du H.V.O. (an anglais).

 Photo saisissante d'un surfer, C.J. Kanuha, à quelques (5) mètres seulement de la lave entrant dans l'océan.


03/07: Llaima (Sud Chili) : les autorités régionales chiliennes ont décrété une zone d'exclusion s'étendant sur 15 km autour du sommet du volcan qui est à nouveau entré en éruption le 1er juillet. Rappelons que le volcan s'était réveillé le 1er janvier dernier. Suite à cette reprise d'activité, 40 personnes ont été évacuées. Une coulée de lave s'est déversée à partir du l'extrémité SO du cratère, sur une distance de 800 à 1000 mètres, le long d'un canal de glace percé dans le flanc occidental en direction de la rivière Calbuco (déjà actif lors de l'épisode éruptif de février 2008) . Le taux d'émission lavique est très faible (< 10 m3/s). Par ailleurs, au cours d'un survol effectué ce 3/07, le volcanologue chilien Juan Cayupi a observé un petit dôme en train de dégazer à l'intérieur du cratère mais n'a pas détecté de lave. Selon lui, le risque le plus important serait la fonte brutale de masses de neige qui pourrait entraîner la formation de coulées de boue (lahars).

Cette reprise d'activité éruptive a été précédée d'une augmentation des séismes de longue période (LP), de courte durée (< 60") et de basse énergie qui a débuté le 13 juin dernier coïncidant avec une légère activité volcanique. Cette activité était caractérisée par de faibles émissions sporadiques de cendres associées à des émissions continues de fumerolles depuis le cratère perçant le sommet du cône pyroclastique situé dans le cratère principal du volcan.  En début de matinée du 30 juin dernier une nouvelle émission lavique (éruption effusive de type hawaiienne) s'est produite après une nette augmentation de la séismicité à partir du 28 juin. Ce crescendo dans l'activité sismique est interprétée par un mouvement de fluides à un niveau peu profond.

L'alerte jaune (d'intensité moyenne) est maintenue dans la zone du volcan Llaima ! SERNAGEOMIN

 

26/06: TUNGURAHUA (Equateur) : du 18 au 19 juin, l'I.G. a signalé des émissions de cendre et de vapeur d'eau qui ont atteint des altitudes de 6 à 8 km, soit des hauteurs de 1 à 3 km au-dessus du cratère. Le 18 juin, une petite explosion a été détectée par le réseau sismique et des bruits d'avalanches de blocs, de grondement ainsi que des détonations en coup de canon ont été signalés. Le 19 juin, des chutes de cendre ont également été observées à ~8 km au NO du volcan produisant un dépôt épais de 2 mm. Dans le même temps, du matériel incandescent et des blocs ont été expulsés à 500 m. au-dessus du cratère. Des blocs ont dévalé les flancs sur une distance d'environ 1 km. Par ailleurs, des coulées de boue (lahars) ont été signalés dans les vallées NO, O, et S. Une coulée plus importante a emprunté le lit de la rivière Puela en charriant des blocs dont le diamètre était supérieure à 80 cm. Le 21 juin, deux périodes de séismicité accrue ont été accompagnées de deux fortes émissions de cendre qui ont atteint des hauteurs de 3 et 6 km au-dessus du cratère. A nouveau, des lahars ont dévalé des vallées sur les flancs O et S.
12/07: SAN CRISTOBAL (Nicaragua) : vendredi 11/07, le volcan a produit une série de petites explosions  et a émis du gaz et de la cendre qui ont atteint une petite ville du NO du pays. Au cours des dernières semaines, le volcan a été la source d'une série de secousses. Reuters.

26/06:  : l'INETER a signalé qu'une explosion d'intensité modérée s'était produite le 22 juin et a été suivie d'émissions de gaz et de cendre. Des retombées de cendre ont été signalées dans la ville de Chinandega et dans trois autres communautés voisines.

26/06: MASAYA (Nicaragua) : le 18 juin, une explosion a eu lieu dans le cratère Santiago du Masaya et a produit un panache de gaz et de cendre. Les résidents de la région ont ressenti l'explosion et signalé que le panache produit était sombre.
10/06: ARENAL (Costa Rica) : le 6 juin à 9h15 du matin (heure locale), l'Arenal a généré une importante avalanche de blocs incandescents (coulée pyroclastique) vers le S.O.. en direction du Rio Agua Caliente. A ~ 4 km se situe la communauté d'El Castillo qui n'a heureusement pas été touchée. Une quantité très importante de lave andésitique en blocs s'était accumulée au sommet depuis mars 2007 suite à l'extrusion continue d'une masse lavique très visqueuse. Bien que des portions de cette accumulation lavique (dôme) s'étaient déjà effondrées durant les 14 derniers mois, l'avalanche majeure, généralement attendue dans ces circonstances d'accumulation de lave au sommet, n'a eu lieu que le 6 juin alors que deux évènements similaires, mais mineurs, s'étaient déjà produits au cours des derniers mois.

L'effondrement actuel a causé une entaille longue de 800 mètres courant du sommet vers la base. Le matériau incandescent (anhydre) a été canalisé le long de la pente en se terminant en un chaotique delta de blocs à ~900 m. au-dessus du niveau de la mer.  Une grande quantité de produits émis était pulvérisée ce qui a généré un imposant panache de gaz et de poussières (cendre très fine) provoquant panique parmi les visiteurs et rangers du Parc situé à ~2 km de distance, sur le flanc ouest. Fort heureusement, personne n'a été blessé.

Les scientifiques de l'OVSICORI pensent que, à l'image des scénarii antérieurement observés sur ce volcan, les avalanches de lave incandescente emprunteront le chenal formé le 6 juin dans les prochains jours.

 

08/06: SOPUTAN (Nord Sulawesi, Indonésie) : depuis vendredi 05/06, le cratère du volcan a libéré des coulées de lave longues d'environ 1,5 km qui n'ont toutefois pas atteint le pied de l'édifice. Dans le même temps, un nuage de cendre et de gaz  s'est élevé à ~2-4 km au-dessus du cratère. Saut Simatupang, responsable du Service de Volcanologie d'Indonésie, a demandé d'éviter vivement les zones proches du volcan, particulièrement les zones de campement situées à l'est du volcan alors que les zones résidentielles ne sont pas menacées par l'activité actuelle. Une zone d'exclusion de 6 km autour du cratère a été décrété par les autorités. La dernière éruption du Soputan a eu lieu en 2004. AFP

CHAITEN (SUD CHILI)

06/06 : l'explosivité du volcan a diminué graduellement alors que les émissions de cendres sont de moindre intensité et sont accompagnées d'abondantes émissions de vapeur d'eau. Les 3 et 4 juin, le panache éruptif s'élevait à moins de 2 km au-dessus du cratère. La décroissance de l'activité éruptive est associée à une diminution de l'activité sismique caractérisée par l'existence de deux types d'évènements volcano-tectoniques (VT).

Un survol effectué le 3 juin par une équipe du SERNAGEOMIN a permis de constater les dégâts causés par l'éruption. Sur l'entièreté du flanc nord et nord-est du volcan, la forêt native a été arasée et brûlée par des coulées pyroclastiques et des explosions latérales sur une superficie d'environ 2500 hectares.


26 mai : un survol réalisé le 21 mai a permis de constater la présence d'un nouveau dôme de lave actif en croissance sur le flanc nord de l'ancien dôme du Chaitèn. Ce dôme s'est édifié à l'intérieur du cratère issu de l'éruption actuelle qui a éventré le dôme ancien et qui pris le relais pour libérer la colonne éruptive. L'activité se poursuit en continu sous la forme d'une activité subplinienne.

La lave émise par le Chaitèn contiendrait entre 73 & 75% de SiO2 (< magma de composition acide) selon les résultats d'analyses effectuées sur de la cendre et des ponces récoltées durant les premiers jours de l'éruption.

Le 25 mai, l'altitude de la colonne de gaz et de cendre s'est maintenue en moyenne à 3,5 km au-dessus du niveau de la mer, soit 2,5 km au-dessus du cratère. Néanmoins, quelques plus fortes explosions ont projeté des matériaux éruptifs jusqu'à 4 km au-dessus du cratère.

Le 24 mai, la nouveau dôme actif surmontait légèrement le dôme ancien. Entre le 21 mai et le 24 mai, un cratère d'environ 200 m. de diamètre s'est ouvert au sud du nouveau dôme (voir photo ci-dessus). Par ailleurs, des avalanches de blocs et cendres, issues de l'instabilité des flancs, continuaient à se produire, particulièrement sur le flanc nord. SERNAGEOMIN


16 mai: le 14 mai, le gouvernement chilien a déclaré  que la ville de Chaitèn, située à seulement ~10 km du volcan, serait interdite d'accès pendant 3 mois. Par ailleurs, 90% de la ville auraient été inondés par les eaux des rios Blanco et Rayas. A noter que depuis deux jours la colonne éruptive ne dépasse plus l'altitude de 5 km. Le 15 mai, un survol de la zone a permis  de constater que les coulées de boue (lahares), qui ont affecté la ville de Chaitèn, continuent à recouvrir les zones voisines dans le lit de la rivière Chaitèn et dans le secteur sud de la localité en préservant toutefois la Place Centrale, la municipalité et les zones voisines du port. L'aérodrome est recouvert d'eau et de cendres. En conséquence, l'entrée en ville n'est plus possible par voie terrestre ou aérienne.

- Toute la vallée ainsi que le delta des rios Blanco-Rayas sont soupoudrés de cendres. Les forêts sont recouvertes d'une couche de cendres blanches.

- L'eau du courant littoral qui longe la côte du Chili du sud vers le nord transporte une grande quantité de cendres.

- Les coulées de boue (lahars) et les écoulements de grands volumes de sédiments dans les rios Chaitèn et Blanco-Rayas se sont poursuivis, remplissant ainsi les lits de ces rivières qui ont perdu leur capacité à évacuer l'eau qui y est habituellement présente. En conséquence, le rio Chaitèn devrait continuer à déborder en affectant de nouveaux secteurs de la ville de Chaitèn.

Du point de vue sismique, des changements notoires ont eu lieu depuis les deux derniers jours. Un essaim de séismes de type hybride (A-B) a été détecté. Il est interprété comme étant associé à une fracturation du conduit éruptif principal suivi par la montée de fluides magmatiques par ce même conduit jusqu'au dôme. La prédominance ultérieure d'évènements sismique de type LP confirme l'instabilité sismique du système, qui a comme origine évidente le mouvement de fluides magmatiques. En conséquence, une haute probabilité d'éventuelles futures explosions majeures subsiste. Celles-ci pourraient provoquer la destruction totale ou partielle du dôme et générer des flux pyroclastiques suite à l'effondrement de la colonne éruptive.


09/05: une puissante explosion s'est produite dans la nuit de jeudi à vendredi forçant les 30 résidents récalcitrants de Chaitèn à être évacués dans l'urgence. Cette nouvelle phase éruptive a été précédée d'une centaine de secousses sismiques. Par ailleurs, des volcanologues estiment que l'éruption du volcan Chaiten dans le sud du Chili pourrait durer des semaines voire des mois. "Selon les experts, le (nuage de cendres) est moins dense, ce qui pourrait réduire la probabilité d'une éruption plus intense, mais ce n'est qu'une hypothèse", a déclaré Sergio Galilea, le représentant du gouvernement dans la région, lors d'un vol au-dessus du volcan en éruption.

 

Selon les informations du Service Géologique et des Mines du Chili, l'alerte rouge est maintenue dans la zone du volcan Chaitèn. La possibilité d'éventuelles futures explosions majeures et d'effondrement de la colonne éruptive ne sont pas exclues.

Des observations effectuées le 8 mai ont permis de révéler que le long de la vallée N-S immédiatement à l'est du volcan et débouchant dans le rio Rayas se manifestent des nuages gris clairs qui descendent jusqu'à cette rivière. Par la suite,  un processus d'évaporation se développait dans la vallée N-S. Ce phénomène est interprété comme l'existence de petits écoulements pyroclastiques qui dévalent depuis le volcan Chaitèn jusque dans ces vallées. Le flux à haute température  réchauffe l'eau des rivières en produisant l'évaporation subséquente. Toujours le 8 mai à 14 h, la colonne de cendre et de gaz atteignait une altitude moyenne de 14 km et se dispersait vers le NE (en direction de Buenos Aires). Par ailleurs, dans la partie occidentale de la colonne éruptive, le nuage de cendre était plus dense et de couleur gris à gris foncé, ce qui pourrait témoigner de l'ouverture d'un nouveau cratère au pied ouest du dôme. Pour raison de sécurité, la station sismique a été transférée de la ville de Chaitèn à l'île Talcàn. Les données fournies par cette station mettent en évidence une nette augmentation de l'activité sismique en relation avec la violente explosion enregistrée le 7 mai dernier à 23h35. Le nombre d'évènements de type volcanotectonique (VT) n'a pas augmenté, 35 évènements par jour, et sont concentrés aux alentours du volcan.

Des séismes précurseurs de type LP (B), bien que déjà détectés auparavant, ont précédé les deux grandes explosions observées les 6 et 7 mai. ils signalent l'existence d'importants mouvements de fluides, probablement à des niveaux superficiels, ce qui confirme l'existence d'une chambre magmatique à faible profondeur. D'après les foyers sismiques calculés, le réservoir magmatique serait à moins de 5 km de profondeur.

L’apparition de séismes de type hydride (évènements de type A dénotant la fracturation des roches suivis d’évènements de type B associés à des mouvements de fluides) liée aux deux grandes explosions des derniers jours (5 et 7 mai) serait associée à une ascension rapide ("magmatic pulse") d'une importante quantité de magma.

Cette vertigineuse ascension magmatique se serait produite suite à une soudaine évacuation de fluides (gaz et magma) lors des deux importantes explosions qui, occasionnellement, éjectent dans l’atmosphère des panaches de cendre susceptible d'atteindre ~30 km d’altitude. Ces éruptions paroxysmales libèrent une grande quantité de cendre et de gaz dans l’atmosphère, en provoquant la vidange partielle de la zone supérieure de la chambre magmatique permettant ainsi une nouvelle ascension de magmas fragmentés par un processus de nucléation rapide.

A noter, à moyen/long terme, en cas de vidange partielle ou, éventuellement, totale de la chambre magmatique suite par exemple à l'interruption/arrêt brutal de l'alimentation en magma profond, que le vide ainsi crée sous l'édifice pourrait  causer l'effondrement partiel d'une partie de la caldera qui s'est formée par ce même mécanisme il y a 9400 ans.

Néanmoins, à court terme, la préoccupation principale reste centrée sur de futures explosions majeures et les processus d'effondrement de la colonne éruptive, ce qui pourrait entraîner la destruction du dôme et la formation d’écoulements pyroclastiques qui pourraient dévaler vers les vallées adjacentes en irradiant tous les flancs du volcan (à l’instar d'un mécanisme similaire qui s'est produit en 1997 sur les flancs du volcan Soufrière Hills à Montserrat).

L'union des deux cratères perçant le flanc nord du dôme en un seul de 800 m. de diamètre conduit à penser que le système d'alimentation n'est pas pour l'instant obstrué. L'énorme quantité de cendre et de gaz, venue des profondeurs en transitant par la chambre magmatique superficielle, pourrait ainsi être libérée sans risque majeur d'explosion soudaine du dôme.

Le volume de cendre émis lors de la première phase de cette gigantesque éruption est d'ores et déjà considéré comme énorme et pourrait, à terme, provoquer d'importants dégâts écologiques et économiques (principalement dans le secteur de l'agriculture/élevage), peut-être irréversibles, sur une vaste région entourant le volcan Chaitèn.

14 mai : des membres du Service géologique et minier du Chili ont pu survoler le volcan Chaitèn en hélicoptère.

Le dôme central et la base de la colonne éruptives vus du NE

A 14h30, la caldera et le dôme ont été survolés. Le flanc nord de la caldera jusqu'à la route australe exhibait plusieurs hectares de forêt native incinérés suite à des écoulements pyroclastiques mineures générés par effondrement de la base de la colonne éruptive et/ou par les explosions latérales originaires du cratère. Certains secteurs au NE ont été également sévèrement affectés par des flux pyroclastiques de petites dimensions en brûlant et dévastant des zones forestières.

Le dôme central présentait une épaisse colonne verticale de gaz et de cendre s'échappant d'un cratère large d'environ 1 km localisé sur le flanc nord du dôme jusqu'à son sommet. Les zones O et NO ont également laissé des traces issues de nombreux flux pyroclastiques sur les flancs en question. Ils ont brûlé toute la végétation à l'intérieur de la caldera, incluant des débordements sur ses bordures septentrionales.


06/05: dès ce matin, une forte recrudescence de l'activité du volcan Chaitèn a eu lieu ! Le chef de l'Office national des urgences (Onemi) de Santiago, Jorge Muñoz, a déclaré qu'il y a eu une production de lave et de flux pyroclastiques émanant du volcan depuis approximativement 08H45 H.L. (12H45 GMT).

Cette nouvelle éruption a généré un panache de cendre plus sombre et plus vaste qui a atteint une altitude de 30 km. a.s.l..

D'après le volcanologue chilien Juan Cayupi, qui a pu se rendre sur les pentes de ce volcan de 1.200m, les deux petits cratères du sommet ont fusionné pour donner naissance à un grand cratère unique, crachant "une grande quantité de cendres, de particules et de gaz". De la lave s’échappait également, mais ne débordait pas du cratère pour le moment.

Selon une communication personnelle de la géologue argentine Elizabeth Rover, la population de la ville argentine d'Esquel, située à 160 km  à l'est du volcan Chaitèn, est en difficulté. Les principaux problèmes pour les gens sont d'ordre respiratoires en raison de la finesse des particules de cendre recouvrant la région sur ~30 cm d'épaisseur. Tous les masques anti-poussières disponibles ont été distribués. La ville de Trevelin est également recouverte de 10 cm de cendre.  Au chili, la ville frontière de Futaleufu, située à 65 km du volcan, a été totalement évacuée aujourd'hui.

 

Séquence vidéo

Un nouveau cratère perce le dôme rhyolitique dans la caldera du volcan Chaitèn. Ces deux cratères ont fusionné ce 6 mai.

Le panache du Chaitèn, se déplaçant vers l'est, mis en évidence par le capteur MODIS embarqué sur le satellite TERRA . Images capturées le 03/05. On y voit que le Centre de la province argentine du Chubut est traversé de part en part par le nuage de cendre affectant particulièrement les villes de Comodoro Rivadavia (image de droite) et d'Esquel et de Trelew (à gauche). En conséquence de la présence du nuage éruptif au-dessus de la Patagonie argentine, les vols reliant  Buenos Aires à la Province de Chubut (Comodoro Riv.) ont été interrompus suite à la forte densité de cendre à haute altitude.

Image MERIS d'ENVISAT acquise le 5 mai (ESA)

08/05: les cendres du volcan Chaiten ont atteint jeudi la capitale argentine, après avoir parcouru plus de 1.000 kilomètres depuis le territoire chilien et provoqué de sérieuses perturbations dans plusieurs provinces du sud-ouest, a indiqué le Service météorologique national (SMN). Le nuage de cendre volcanique est situé a environ 3.500 mètres d'altitude au-dessus de la ville de Buenos Aires et pourrait perturber le trafic aérien, a indiqué le SMN.

La magie de l'interaction spectaculaire entre un orage et le nuage éruptif révèle de splendides couleurs orangées au-dessus du volcan !

Visionnez d'autres clichés de cette spectaculaire éruption en cliquant sur ce lien The Australian.


04 mai : CHAITEN (Sud Chili) : jeudi 1er mai au soir, 60 secousses mineures ont frappé la région des Lacs située à ~1200 km au sud de la capitale chilienne, Santiago. Au matin du  2 mai, le gouvernement chilien a déclaré l'état d'urgence suite au déclenchement de l'éruption de la caldera du volcan Chaitèn, localisé à l'ouest du volcan Minchinmavida.  Le VAAC de Washington a diffusé un avis d'intense émission de cendre volcanique et a signalé la présence d'une colonne de cendre haute de 13,7 à 16,7 km. 1500 personnes ont été évacuées en urgence de la zone dangereuse. Ce volcan n'avait pas connu d'éruption depuis ~7430 ans av JC. (date < C14 sur téphra).

D'énormes nuages épais de cendre s'élèvent du volcan Chaitèn, situé à seulement une dizaine de km de la ville du même nom où résident 7000 personnes. La cendre est emportée vers l'est par les vents jusqu'à la côte atlantique de la Province argentine du Chubut. La ville principale de cette Province, Comodoro Rivadavia, est couverte de cendre et les communications téléphoniques étaient interrompues le 4 mai selon un contact personnel.

 

 

 

Localisation "Google Earth" du volcan Chaiten - Cliquez sur les images miniatures pour visionner un agrandissement (1280 x 687) !

La quasi-totalité des 4.500 habitants de la ville de Chaiten a été évacuée. L'air et les réserves d'eau potable ont également été pollués. L’éruption a fait au moins une victime selon les autorités et les médias locaux, une dame âgée de 92 ans qui a succombé à un infractus.


Le Chaitèn est une caldera large de 3,5 km, qui n'est pas occupée par un glacier, datant du Pléistocène tardif (> 10.000 ans). Elle comprend un petit dôme de lave situé à 10 km au NE de la cité de Chaitèn sur le golfe de Corcovado. Le côté nord du dôme de lave rhyolitique (obsidienne), haut de 962 m., émergeant de la caldera est dépourvu de végétation. Une rivière drainant la baie de Chaitèn, le rio Blanco, prend sa source dans une échancrure située au S.O. de la caldera. Le plus haut point de la caldera se situe au sud à 1122 m. d'altitude. Deux petits lacs occupent le plancher de la caldera à l'ouest et au sud du dôme de lave. Un écoulement pyroclastique  en vague et un dépôt de ponce semble avoir été générés par une éruption qui a formé la caldera elliptique sommitale de 2,5 x 4 km il y a ~9400 ans.

 

23 mai : SEMERU (Java; Indonésie) : le plus haut volcan de l'île indonésienne de Java s'est mis à déverser mercredi d'imposantes nuées ardentes, justifiant une surveillance soutenue de son activité, ont annoncé jeudi les autorités indonésiennes. L'Agence d'atténuation des risques volcaniques et géologiques indonésienne (CVGHM) a relevé d'un cran le niveau d'alerte concernant le mont Semeru, qui culmine à 3.676 mètres dans l'est de Java. Selon un employé de l'agence de volcanologie indonésienne, le Semeru a projeté mercredi six nuées ardentes qui ont dévalé ses pentes. "La plus longue a atteint 3.000 mètres de long", a déclaré par téléphone à l'AFP Suparno. Le plus proche village se trouve néanmoins à dix kilomètres et aucun ordre d'évacuation n'a été donné, a-t-il ajouté.
15/04: NEVADO del HUILA (Colombie) : selon l'observatoire volcanologique de Popayan de l'INGEOMINAS, le plus haut volcan colombien (alt. : 5631 m.), situé dans le sud-est du pays, est entré en éruption le 14 avril à 23h08 H.L. soit le 15 avril à 04h08 GMT.

Sismogramme enregistré par l'observatoire volcanologique & sismologique de Popayan (INGEOMINAS). Il est à noter qu'un important séisme harmonique de longue période/basse fréquence (séisme de type B avec amortissement / "tornillo") ayant duré ~4 minutes précède d'une heure la crise sismique (vibration volcanique + secousses volcano-tectoniques (VT) de type A liées à la montée du magma et à la fracturation des roches encaissantes) associée au déclenchement de l'éruption. Les heures indiquées en ordonnée sur le sismogramme sont les heures UTC/GMT.

Du 9 au 15 avril, l'activité sismique a été caractérisée par 888 évènements associés à la dynamique volcanique, parmi lesquels 616 correspondent à des processus de fracturation (type A / VT event ), 235 à des circulations de fluides (type B / LP), et 35 pulses de vibration de basse amplitude (TR). Selon l'observatoire de Popayan, certains de ces évènements ont pu être associé à des émissions de cendre y de gaz. Le 15 avril, des mesures à distance d'émission de SO2, réalisées à partir de la route panaméricaine Cali-Popayan, ont enregistré des valeurs d'environ 700 t/j alors que la colonne gazeuse se déplaçait préférentiellement vers l'ouest de l'édifice volcanique.

L'évaluation des paramètres de surveillance volcanique révèle que le volcan a connu un comportement fluctuant durant les dernières semaines, caractérisé par une alternance de périodes d'intense activité sismique et de relâchement de la pression interne du système. Cette caractéristique souligne que l'évolution du processus volcanique débuté l'année passée se poursuit, ce qui implique que des crises similaires ou même plus violentes à celles des mois de février et avril 2007 peuvent survenir à tout moment Le volcan est actuellement en alerte orange sur une échelle de 4 (niveau vert le moins élevé).

Le Rio Pàez est en forte crue suite à la fonte des neige et d'une partie du glacier sommital. Les images vidéo d'une des chaînes TV colombienne sont spectaculaires ! Des milliers de personnes ont été évacuées en urgence et, pour le moment, aucun dégât significatif ni victime ne sont signalés par les autorités officielles. Le volcan avait été placé sous surveillance après une alerte de l'Institut géologique et minier colombien (INGEOMINAS), le 29 mars.

 

Vidéo montrant la spectaculaire crue du Rio Pàez !

 

16/04: Mt EGON (Ile de Florès, Indonésie): des centaines d'Indonésiens ont fui leur domicile situé sur les pentes du volcan situé sur l'île de Flores, ont annoncé mercredi les autorités indonésiennes. Le mont Egon, qui culmine à 1.703 mètres, s'est brusquement réveillé mardi soir 15/04, envoyant une colonne de cendres et de gaz à 4.000 mètres de hauteur, a indiqué l'Agence d'atténuation des risques volcaniques et géologiques indonésienne (CVGHM) . Six cents habitants d'un village près du cratère ont été évacués, selon les autorités locales qui ont envoyé dans la zone des masques filtrants et de l'eau potable. "Il y a plus de 23.000 personnes réparties dans trois sous-districts dans la zone dangereuse", a déclaré à l'AFP Robert Rai, porte-parole du district. Selon lui de nombreux résidents ont paniqué mardi soir, surtout que l'éruption de cendres a été précédée de secousses telluriques. Il n'a pu donner de bilan précis du nombre de personnes ayant fui l'éruption. Source: "le Monde".
13/03: KILAUEA (Hawai, USA) : du 4 au 6 mars, la coulée du TEB s’est épanchée vers l’est et a franchi la zone des Jardins Royaux. Elle se subdivise en deux lobes de 100 m de large (E et O) à environ 150 m au nord de la route d'accès du comté. Selon des sources locales, à environ 23h30 HL du 5 mars, le lobe occidental a atteint l'océan à l'entrée Waikupanaha. Du 7 au 11 mars, de l’incandescence était visible au niveau des évents au sommet des deux boucliers satellites SE. Le lobe ouest a continué à édifier un delta alors que le front du lobe est se trouvait à 470 m de l'océan. Le 9 mars, un accès public, comportant d'excellentes vues sur les coulées pahoehoe, a été aménagé. A cette date , il y avait quatre sources d’émission de vapeur d’eau à Waikupanaha  mais seuls quelques petits points incandescents étaient visibles en soirée. Le delta était large de 500 m. et se prolongeait de 100-150 m dans l'océan. Du 9 au 10 mars, les panaches de gaz et l'incandescence au niveau des Jardins Royaux ont suggéré que des interruptions au niveau du système souterrain d’écoulements laviques avaient probablement abaissé le volume de lave qui atteignait l'océan. Du 10 au 11 mars, de l'incandescence diffuse dans le cratère de Pu'u 'O' a été observée sur les images de la webcam du H.V.O..

Par ailleurs, les émissions de SO2 au niveau du cratère central de la caldera du Kilauea restent préoccupantes et pourraient forcer les autorités à fermer le Parc National des Volcans d'Hawai. C'est depuis la mi février que les émissions de gaz soufré ont commencé à augmenter. Jeudi 13/03, le record du taux d'émission de dioxyde de soufre a battu tous les records depuis le début des mesures en 1979 pour atteindre 2000 t/j et 2500 t/j le 16 mars. La norme est de 200 t/j. Les gaz s'échappent d'un nouvel évent, qui s'est ouvert mercredi 12/03 dans la partie inférieure de la paroi E du cratère Halema'uma'u (la maison de la déesse Pelé). La cause de cette forte augmentation de SO2 n'est pas claire. Cependant, selon le H.V.O., il semble qu'une éruption sommitale imminente ne soit pas attendue selon les autres données de surveillance (monitoring) du volcan comme la séismicité et le taux d'inflation de l'édifice volcanique. Le taux d'émission est bien supérieur à celui accompagnant l'éruption sommitale la plus récente de 1982, soit 1200 t/j et est semblable à celui du cratère actif du Pu'u'Oo situé dans la partie centrale du rift E. Cliquez sur ce texte pour voir des clichés du cratère Halema'uma'u.

17/03: le nouvel évent gazeux du cratère Halema`uma`u présente une zone de faible lueur d'incandescence durant la nuit qui est en train de s'élargir légèrement. Les taux d'émission de SO2  et la vibration volcanique ("tremor") continuent d'être à des niveaux bien plus élevés que les niveaux habituels dans la zone sommitale du Kilauea. A noter que, le dimanche 16 mars, les concentrations de CO2 mesurées par un appareil de mesure situé sur le plancher du cratère de la caldera du Kilauea étaient proches de 1,5 % alors que les concentrations habituelles, sans lien avec l'activité volcanique, sont de 0,036%. Les émissions de dioxyde de carbone au sommet du Kilauea sont élevées depuis 2005.

L'évent rougeoyant dans la paroi du Halema'uma'u ! Serait-ce le retour de l'oeil de la déesse Pelé ? Photo : H.V.O. Le cratère du Halema'ama'u dégazant le 8 avril, ce qui a entraîné la fermeture temporaire du Parc National des Volcans d'Hawai.

Photo prise de la portion de route du Mauna Loa à 7h de ce matin du 8 avril. De faibles vents à basse altitude combinés à des vents de SO à plus haute altitude ont généré un panache gazeux (quasi sans cendre) ayant la forme visible sur le cliché. Photo par © C. Heliker

Carte illustrant les conditions de vents/gaz au sommet du Kilauea

En réalité, les scientifiques ne comprennent pas entièrement ce qu’il se passe dans la paroi du cratère puits du Halema’u ma’u. La cause du rougeoiement n'a rien de mystérieux ! Les roches environnantes de l'évent gazeux sont réellement chaudes, environ 480°c. Cette température, supérieure à celle d'ébullition (444.60°c) du soufre, est bien plus basse que la température de la lave en fusion qui est d'environ 1090°c. pour le basalte hawaiien. Et c'est pourquoi la faible teinte rouge de l'évent s'atténue rapidement avec l'apparition du jour alors que la teinte orangée de la lave fraîche est souvent bien visible au matin déclare Kauahikaua, scientifique à l'H.V.O.. Personne ne sait exactement si une éruption va ou non se produire prochainement au sommet du Kilauea. Actuellement, les sismomètres décèlent 10 microséismes/heure alors qu'une éruption imminente en produirait plus de 40/heure. Par ailleurs, une éruption imminente devrait en principe être également accompagnée par une vibration volcanique ("tremor") dite harmonique dénotant que la lave se déplace dans un tube de la même façon qu'un son mélodieux, appelé musique, circule au travers de l'air dans une flûte. Au contraire, les données sismiques des dernières heures et jours indiquent que le "tremor" a été plutôt désordonné/dysharmonique.

19/03: à 2h58 H.L., une petite explosion s'est produite au cratère Halema'uma'u, probablement hydrothermale. L'événement a été confondu avec un séisme tôt ce matin. L'explosion a éparpillé des débris sur une zone de 30 hectares, en couvrant une partie de la route qui longe la bordure de la caldera sommitale du Kilauea à proximité et sur l'aire de parking du Halema'uma'u. Le bloc le plus gros observé, de ~1 m3,  a du être éjecté de l'évent, percé à la base de la paroi E du cratère puits, situé à 70 mètres. L'explosion a provoqué des dégâts dans la zone du point de vue du Halema'uma'u. Il n'y a pas eu d'émission de lave suggérant que l'explosion a eu une origine hydrothermale ou gazeuse. L'événement explosif a produit un petit cratère le long de la paroi orientale du Halema'uma'u. Il a un diamètre de 20-30 mètres et occupe la zone où de l'incandescence a été observée durant les dernières semaines. Les émissions de dioxyde de soufre issues de ce nouveau cratère sont encore élevées et les sons liés aux cassures de la roche sont fréquentes. C'est la première explosion au cratère Halema'uma'u depuis 1924 et le premier événement éruptif dans la caldera du Kilauea depuis septembre 1982. Lire les détails (en anglais) sur la page spéciale du H.V.O., par James P Kauahikaua.

Nouveau ! Une webcam braquée sur le cratère Halema'uma'u. (située dans la tour du bâtiment du H.V.O)

Reportage vidéo

25/03: à partir du 24/03, une émission continue de cendre est observée au cratère Halema'uma'u, transformant ainsi le nuage gazeux blanc des jours précédents (depuis le 12/03) en un panache de fines cendres brunes qui atteint une hauteur de 800 à 1600 mètres au-dessus du niveau du sol. La nuit précédente, on a observé des fines particules incandescentes émises par le nouvel évent situé sous le point de vue du Halema'uma'u. Quelques fragments ont été éjectés suffisamment rapidement pour se déposer sur la bordure du cratère. Par ailleurs, des géologues du H.V.O. ont trouvé des cheveux de Pelé (fins filaments de lave fluide étirée) et des scories dans la zone du point de vue, indiquant que les matériaux éjectés, durant la nuit, à partir de le nouvelle bouche large de 30-35 m. comprenaient de la lave juvénile en fusion. Les fragments les plus gros de scories et de blocs, en forme de goutte (larmes de Pelé), de roche fondue trouvées sur le bordure du cratère ont une taille de 10 centimètres. C'est la première manifestation lavique au Halema'uma'u depuis l'activité de 1982 et la première de ce type, caractérisée par une émission de cendre, depuis 1968. Suite au panache de cendre, les agences hawaiiennes d'aviation ont été alertées d'un risque potentiel pour les avions traversant la zone.

Reportage de la chaîne TV locale KGM 9

09/04: à 23:08 H.L., une seconde explosion s'est produite au cratère Halema'uma'u. L'énergie et la quantité de matériaux libérés par cette explosion étaient plus faibles que lors de l'explosion du 19 mars dernier mais elle a eu comme conséquence d'agrandir l'évent de 5-10 mètres. Selon des scientifiques de l'USGS, des roches incandescentes ont été à nouveau éjectées lors de cet évènement éruptif. Quelques blocs sont retombés sur la bordure du cratère, à ~70 mètres au-dessus de la bouche éruptive. Ils signalent également qu'une légère lueur est réapparue juste après l'explosion. Hormis les signaux sismiques liés à l'explosion, les autres paramètres sont restés constants. Des géologues du H.V.O. se sont rendus sur place afin d'investiguer les débris éparpillés sur la bordure du cratère surplombant l'évent. Ils y ont trouvé des scories de lave, des roches et un bloc qui avait une taille de 35x21x20 cm. Etant donné que des coupelles en plastique d'échantillonnage des particules de cendre ont fondu au contact de débris, ceux-ci étaient apparemment chauds lors de leur éjection. Par ailleurs, le vent a emporté de fines particules de cendre qui sont retombées à Pahala, soit à une trentaine de km de là. Com. Jim Kauahikaua, H.V.O..

 

07/02 : Tungurahua (Equateur) : l'activité du volcan s'est accrue le 6 février. Le nom du volcan signifie "gorge de feu" en langue Quechua !

A 23h20 H.L. du 5 février (04h20 UTC du 06/02), le volcan est entré en éruption. Les caractéristiques de cette phase éruptive sont similaires à celle qui s'est produite le 14 juillet 2006.  L'activité a été accompagnée par une intense vibration qui a secoué l'ensemble de l'édifice volcanique. Les sismomètres ont enregistré des secousses de longue durée avec des amplitudes comparables à celles observées en juillet 2006. Durant toute la nuit, le niveau d'activité est resté élevé bien que fluctuant (vibrations intenses accompagnées de bruits souterrains très puissants audibles dans l'ensemble du pays). A 01h00 du matin, une coulée pyroclastique est descendue dans la ravine Mandur et, par la suite, d'autres flux pyroclastiques ont été signalés dans les ravines de Cusua et Juive qui entaillent le flanc NO du volcan. L'Observatoire Volcanologique du Tungurahua (OVT) a également été informé de la chute de débris de pierre ponce, atteignant 3 cm de diamètre, dans plusieurs villages situés sur le flanc SO de l'édifice. Suite aux mauvaises conditions météorologiques dans la zone du volcan, aucune observation visuelle directe de la hauteur de la colonne de cendre n'a pu être effectuée. Cependant, sur la base des images satellitaires, les volcanologues ont estimé que le panache avait atteint une altitude de 10 km avec un déplacement vers le SO. Une seconde phase éruptive similaire à la première a débuté vers 04h40. Dès 04h20 sont apparus des signaux sismiques qui ont saturé les stations sismiques de courte période situées à proximité du volcan. Il semble que quelques coulées pyroclastiques ont dévalé plusieurs ravines entaillant le flanc NO et O du volcan. Malgré les mauvaises conditions d'observation, il semble bien que ces flux pyroclastiques n'aient pas atteint le fleuve Chambo. Les données satellitaires ont montré que la partie supérieure de la colonne éruptive s'est dirigée vers le SO alors que sa partie inférieure formait un nuage assez dispersé qui se dirigeait vers l'O. En conséquence, la probabilité de chute de cendre dans les provinces de Chimborazo, Tungurahua et Cañar était élevée. De la cendre est effectivement retombée sur Riobamba.

Après l'intense activité nocturne, une nette diminution de l'activité éruptive a été observée depuis 09h20 H.L. Cette pause pourrait être liée à une alternance de périodes d'intense explosivité durant plusieurs heures et des périodes de faible activité. Une explosion d'intensité modérée s'est produite en début d'après-midi. Elle a été associée à deux évènements volcano-tectoniques (VT) ou de fracturation (type A event). Ces évènements signalent que le système magmatique du volcan reste ouvert (basse pression magmatique), ce qui peut précéder une nouvelle augmentation de l'activité éruptive. Cette caractéristique pourrait être expliquée par une pression interne au niveau de la chambre magmatique insuffisante pour ouvrir totalement le conduit éruptif et maintenir une éruption soutenue et en crescendo pendant plusieurs heures, comme celle qui s'est produite en août 2006.

Trois hypothèses sont envisagées par l'I.G..

- Une augmentation substantielle de l'activité dans les prochaines heures ou jours qui aboutirait à une phase éruptive majeure ou même paroxysmale, similaire à celle du 16 août 2006.

- Le statut quo de l'activité volcanique actuelle avec des fluctuations importantes comme celle de ce jour. Selon ce scénario, les variations de l'activité peuvent être rapides et survenir sans signe précurseur majeur.

- Au cas où les produits volcaniques émis tôt ce matin du 06/02 seraient en réalité des coulées de lave (et non des coulées pyroclastiques),  correspondant ainsi à la partie supérieure de la colonne magmatique surchargée (saturée) en gaz, il ne se produirait pas d'activité explosive majeure à court terme.

07/02: depuis 11h30 H.L., une nouvelle d'activité intense a débuté au Tungurahua. Selon l'O.V.T., une colonne éruptive haute de 5 km, contenant une grande quantité de cendre, a été observée. De fortes détonations, à nouveau associées à l'épisode éruptif en cours, ont été entendues dans le secteur du volcan. Des retombées de débris ont été signalées dans plusieurs localités. L'activité sismique est caractérisée par une vibration volcanique ("tremor") d'intensité croissante durant une heure suivi par un retour à un niveau modéré. Par ailleurs, l'analyse d'images satellitaires a détecté un point chaud dans le cratère du volcan, ce qui confirme la présence de matériau magmatique en surface. Il est à noter que l'évolution actuelle de la vibration volcanique (en crescendo durant au moins une heure) est similaire à celles notées au cours de puissantes éruptions précédentes qui ont généré des coulées pyroclastiques et des émissions de grandes quantités de cendre. Trois périodes d'activité majeure se sont produites entre 11h30 et 13h30, entre 14h20 et 15h20 et entre 17h10 et 19h00. Quatre coulées pyroclastiques ont été signalées dans des ravines situées sur le flanc NO et O du volcan.

La chute de cendre affectera probablement 6 des 24 provinces du pays. Le Gouvernement équatorien a d'ores et déjà déclaré l'état d'urgence dans plusieurs de ces six provinces suite à des fortes pluies et inondations qui ont provoqué des dégâts aux récoltes et ont conduit à des évacuations.

 

17/01 : Galeras (Colombie) : six évènements sismiques de type "tornillo" ("type B sismic event : Harmonic-Monochromatic event ; Long Period/Low Fréquency event" associé à un phénomène de résonance induit par la circulation des fluides au niveau du ou des conduits magmatiques superficiels, suggérant une obstruction dans la partie haute du conduit principal) ont été enregistrés par l'Observatoire Volcanologique et Sismologique de Pasto du 16 janvier à 8h05 au 17 janvier à 09h14 (soit sur un laps de temps de ~25 heures).

"Tornillo" (LP sismic event; ~1Hz) typique du volcan Galeras (début à 09h47 le 14/01/1993); "tornillo" signifie vis -- Par comparaison, évènements de type A généralement liés à la fracturation des roches encaissantes associée aux mouvements souterrains du magma.

 

Sismogramme saturé dès le début de l'éruption meurtrière du 14/01/1993 (notez l'échelle temporelle de 20 secondes).

La source de ces secousses d'origine volcanique a été localisée à faible profondeur à proximité du cône actif. L'importance de l'apparition de ce type d'évènement sismique au volcan Galeras est bien connue (cliquez ici). Ils ont précédé les éruptions de 1992 et 1993 qui ont suivi la mise en place d'un dôme de lave en 1991 (cliquez ici). Ces épisodes sismiques particuliers ont également précédé certains épisodes éruptifs qui se sont produits en 2004 et 2006. L'état d'alerte a été élevé au niveau 1 (le niveau le plus élevé sur une échelle de 4). Les autorités locales ont évacué par mesure de précaution plus de 8000 personnes de la ville de Pasto.

Corroborant les données sismiques, une éruption explosive majeure s'est produite au volcan Galeras le 17 janvier à 20h06 (heure locale).

Ferrnando Gil, directeur du Centre d'études sismiques de Colombie, estime que la colonne éruptive qui assombrissait le ciel de la région de Pasto était longue d'environ 7 kilomètres. Il a également déclaré que cette éruption était la plus puissante depuis la réactivation du volcan en 1989. Il y a quinze ans, le 14 janvier 1993, une soudaine éruption avait tué 9 personnes dont 5 scientifiques présents autour ou dans le cratère pour échantillonner des gaz et réaliser des observations gravimétriques. En novembre 2005, le volcan a éjecté de la cendre à environ 50 km. de distance.

Martha L. Calvache, Assistante à la Direction de l'Institut Colombien de Géologie et des Mines (INGEOMINAS) a déclaré que l'éruption de matériaux incandescents avait été associée à un signal sismique continu de plus d'une heure. Par ailleurs, de courtes coulées de lave ont été émises lors de cet épisode éruptif paroxysmal mais sont cependant restées confinées dans l'enceinte du grand cratère en forme de fer à cheval.

L'onde de choc associée à cette éruption explosive a été si puissante qu'elle a terrorisé de nombreux résidents de la ville de Pasto, comptant ~1 million d'habitants, située à seulement 9 km du cratère.

A noter que l'apparition, souvent en nombre croissant, d'évènements sismiques LP ("tornillos") est l'indicateur le plus fiable pour prédire les épisodes éruptifs explosifs paroxysmaux du Galeras. Cette signature sismique pré-éruptive particulière  caractérise ce volcan "gris" mais également d'autres du même type comme, notamment, le Popocatepetl (Mexique).

Lire le communiqué de presse extraordinaire de l'INGEOMINAS-Pasto du 17 janvier 2008 à 10:00 a.m. (en espagnol); soit ~ 10 heures avant l'épisode éruptif ayant débuté à 20h06 heure locale.

Captures d'une séquence vidéo de l'éruption du 17 janvier (INGEOMINAS)

Photo prise de l'Observatoire Astronomique de l'Université de Nariño.

Séquences vidéos (< INGEOMINAS; Reuter, CNN) sur "YouTube" - Vidéo avec commentaire (CNN)

  

23/01: photos aériennes du volcan Galeras (INGEOMINAS). En bas de page, voir le très impressionnant cratère d'impact créé par un projectile balistique retombé à 1,5 km du cratère actif.

Sismogrammes des évènements sismiques LP de type "tornillo" survenus entre les 16/01 & 17/01 - Le graphique du flux de SO2 (t/j) du 01/01/08 au 23/01/08 montre une tendance globale à la diminution jusqu'au moment du déclenchement de l'éruption (< probable obstruction du cratère engendrant une augmentation de la pression des gaz) puis une augmentation à nouveau.

Rapport de l'épisode éruptif du 14/01 au 20/01 (en espagnol)

Institut Colombien de la Géologie & des Mines (subdivision de Pasto)

Le Galeras sur Wikipedia

17/01: Shiveluch  (Kamtchatcka, Russie) :  "Le volcan le plus au nord du Kamtchatka, le Shiveluch, crache des cendres à 4,5 kilomètres d'altitude, ce qui provoque une avalanche de débris brûlants, a annoncé à RIA Novosti un représentant de la section du Kamtchatka du Service géophysique de l'Académie des sciences de Russie (RAN).

"Les rejets de cendre, enregistrés à 15h15 heure locale, s'accompagnent d'une avalanche de débris brûlants", a déclaré le représentant.

Dans la zone du volcan, des stations sismiques ont enregistré 34 séismes locaux, dont certains ont été suivis de rejets de cendres et d'avalanches de débris. Les images prises par satellite permettent d'observer une température anormalement élevée dans la zone du cratère atteignant 44 degrés Celsius, alors que la température de l'air est de 26°C en dessous de zéro.

L'activité du Shivelutch, le plus septentrional des 28 volcans en activité de la presqu'île du Kamtchatka, s'est intensifiée depuis décembre 2007, après une période d'accalmie d'environ un an.

D'énormes colonnes de gaz et des cendres s'élèvent régulièrement au-dessus de son cratère, allant de 5.000 à 8.000 mètres d'altitude.

Le volcan de 3.300 mètres ne présente aucun danger pour les habitants des localités de la presqu'île, mais les nuages de cendres qui s'étirent sur 700 kilomètres risquent de perturber l'aviation."

07/01 : Tungurahua  (Equateur) : selon le dernier rapport de l'Institut Géophysique Equatorien (IG), le Tungurahua  connaît depuis octobre 2007 une recrudescence d'activité en terme de nombre et d'intensité d'évènements explosifs. Cette tendance s'est encore accrue depuis le 29 décembre 2007 lorsque le nombre d'explosions quotidiennes a dépassé la centaine. Le 2 janvier 2008, le nombre d'explosions quotidiennes a dépassé le dernier record enregistré en septembre 2006. Ces signes sont similaires à ceux associés à l'activité volcanique qui a précédé les importantes éruptions de juillet & août 2006 qui ont causé la mort d'au moins 5 personnes et forcé l'évacuation de milliers d'autres.

Le volcan présente actuellement une activité en conduit "ouvert" caractérisée par la libération continue des gaz qui s'échappent du magma présents dans le conduit volcanique principal. Cette activité génère de nombreuses explosions faibles à modérées accompagnées par une émission continue de cendre, de rugissements et, plus rarement, de détonations de type "coup de canon". Par ailleurs, la libération continue et fluide des gaz signifie qu'il n'y a pas de bouchon ou d'obstruction dans le conduit principal et que, par conséquent, la pression cumulée des gaz n'augmente pas dans l'édifice. Cette donnée suggère qu'une explosion soudaine paroxysmale est peu probable à court terme.

Les autorités viennent d'ordonner l'évacuation d'au moins 1000 villageois résidant à proximité du pied du volcan qui n'a toujours pas délivré à ce jour de coulées de lave. L'évacuation de 300 familles, vivant dans des bourgs situés sur les pentes occidentales du géant équatorien,  a été décidée sur la base du principe de précaution après l'intensification de l'activité éruptive. Les représentants des villageois évacués ont demandé au gouvernement de pouvoir être relogés définitivement ailleurs afin d'éviter de retourner dans la zone de danger. A noter que les conditions de l'évacuation des personnes ne semblent pas avoir été satisfaisantes selon les déclarations d'une des personnes évacuées.

Incandescence dans le cratère (18/12/07; IG) -- Séquence vidéo de "National Geographic News"

Rapport journalier de l'activité du Tungurahua (en espagnol)

09/01-14/01: le CENAPRED a signalé que des nuages de vapeur et de gaz avaient été émis par le Popocatepetl entre les 9 et 14 janvier derniers. Le 14 janvier, une période de "tremor" haute fréquence a été suivi par une explosion qui a produit des émissions de cendre alors que des matériaux fragmentés étaient également projetés du cratère.

                        Panache éruptif haut de 3km du 01/12/2007 dernier                         Images du Popo. en direct (webcam du CENAPRED)

01/01: Llaima (Chili) : l'année a débuté "volcaniquement " au Sud Chili ! Le volcan andin qui culmine à 3.125 mètres et qui est situé dans le Parc national de Conguillio, est entré en éruption mardi après-midi. L'édifice a lancé, à plus de 300 mètres dans les airs, des gerbes de projectiles incandescents qui sont retombés dans la zone sommitale. Par ailleurs, une coulée de lave, longue de quelques centaines de mètres (~600 m.), s'est épanchée sur le flanc oriental (versant argentin) du cône enneigé. Pour les quelques curieux présents à cette occasion, le feu d'artifice offert à l'occasion de l'an neuf par mère nature a du certainement  être un grand moment de spectacle !  La dernière éruption de ce volcan a eu lieu en 1994.

Un périmètre de sécurité a été dressé autour du volcan, l'un des plus actifs du pays. Une colonne de gaz/cendre s'étendant sur plus de trois kilomètres a assombri le ciel chilien du parc national de Conguilillio, où se trouve le volcan.

Mardi, quelque 150 personnes - touristes et employés du parc - avaient été évacués. Selon Carmen Fernandez, 53 personnes restent isolées dans le parc et les autorités se préparaient à les évacuer par hélicoptère.

Mais une évacuation massive n'était pas pour l'heure d'actualité. "Il n'y a pas encore de signes d'un risque accru", a expliqué Carmen Fernandez. "Il y a un certain flot de lave, mais pas de manière continue." La P.C."

Video BBC News -- CNN Video

03/01: Santiago de Chile (Chili) : selon les autorités chiliennes,  à la date du 03/01, au moins 53 personnes restaient menacées dans la province d'Araucania (Sud Chili) à la suite de l'éruption du Llaima. Carmen Fernandez, directeur du Bureau Chilien des Désastres, a déclaré que des hélicoptères militaires avaient été réquisitionnés afin d'hélitreuiller les touristes piégés dans la zone envahie par la lave et la cendre suite à l'éruption. Par ailleurs, les accès routiers vers la région ont été bloqués en raison de la crue de la rivière Captren qui a provoqué l'inondation de la route principale ceinturant le Parc National de Conquillo où trône le Llaima. Un total de 142 touristes et 8 résidents de la zone ont été évacués vers un lieu sûr ! "P.L."

Vue du sommet du Llaima le 3 janvier dernier. La neige des hautes pentes a quasi complètement fondu & le panache éruptif s'est réduit considérablement.


Le sommet du Llaima vu d'avion (vol "LAN CHILE" entre Temuco/Chili & Neuquèn/Argentine) en fin d'année 1995 - Photo ©  Alain Melchior


A côté de la cendre et de la vapeur d'eau, le Llaima a également libéré dans l'atmosphère un important panache de dioxyde de soufre. Celui-ci s'est déplacé vers l'Est en se dispersant. Le 4 janvier, soit 3 jours après le début de l'éruption, le nuage soufré est passé au-dessus de l'archipel de Tristan da Cunha, situé dans l'Atlantique Sud. L'image ci-dessous a été acquise par l'instrumentation de détection "OMI" embarqué sur le satellite AURA de la NASA. Elle montre la progression du nuage du 2 au 4 janvier 2008. L'OMI mesure la quantité totale de SO2 présent dans la colonne gazeuse qui est exprimée en Dobson. Si on comprimait tout le SO2 d'une colonne atmosphérique dans une couche plane à la température de 0°c et sous la pression d'une atmosphère, une unité Dobson de SO2 mesurerait une épaisseur de 0,01 mm et contiendrait 0,0285 gr. de SO2 par m2, soit 28,5 milligrammes de SO2 contenus dans un m2 d'atmosphère.

Le SO2 peut se combiner à l'eau pour former un aérosol d'acide sulfurique (H2SO4) doté d'un pouvoir réfléchissant élevé. Étant donné que cette brume acide réfléchit les rayons solaires en les éloignant de la terre, une éruption substantielle, comme celle du Mt Pinatubo en 1991, peut causer un effet de refroidissement sur la planète. Les résultats des mesures "OMI " signalent que l'éruption du Llaima a produit trois ordres de grandeur en moins (soit 1000X  moins) de SO2 que celle du Pinatubo, et ne devrait donc pas avoir un impact significatif sur le climat à grande échelle.

Un total de 16.000 tonnes de SO2 aurait ainsi été émis dans l'atmosphère au cours de cette éruption.

Sur cette image, la couleur rouge est associée aux concentrations les plus élevés de dioxyde de soufre alors que le rosâtre indique les plus basses concentrations ("Earth Observatory NASA").

17/01: le SERNAGEOMIN a signalé que l'énergie sismique liée à l'activité du Llaima avait diminué alors que le nombre d'évènements sismiques avait augmenté du 10 au 14 janvier. Ces données sismiques suggèrent la persistance d'explosions de gaz/cendre de faible intensité. Le 11 janvier dernier, lors d'un survol, des coulées de lave refroidies et recouvertes de neige ont été observées sur le flanc ouest à proximité du cratère alors que d'autres flots laviques non recouvertes de neige, et donc encore chaudes, ont été repérées 500 mètres plus bas. Des blocs incandescents ont roulé sur ~1,5 km et ont causé des émissions de vapeur à plusieurs points situés au contact de la zone glacière. Par ailleurs, d'abondantes fissures dans les petits secteurs glaciers situés au SO du cratère ont été observées. Les 11 et 13 janvier derniers, des panaches de cendre ont atteint respectivement une altitude de 5,5 et 6,7 km et se sont déplacés vers le NE et SO.

27/01: durant la période du 16 au 21 janvier,le SERNAGEOMIN a signalé que l'activité éruptive du Llaima se poursuivait dans le cratère principal ainsi que depuis deux cratères et une fissure située sur le flanc oriental. Lors d'un survol effectué le 16/01, trois cônes pyroclastiques nichés dans le cratère principal étaient actifs. Le plus grand cône produisait de faibles émissions de cendre qui atteignaient une hauteur de ~500 m. A cette occasion, des émissions de cendre issues d'un cratère situé sur le flanc E ainsi que d'une fissure allongée NE-SO (80x10 m.) ont également été observées. Le 17 janvier, une faible activité strombolienne a été observée dans le cratère sommital alors que la colonne de cendre atteignait une hauteur de 3500 m. au-dessus du cratère et était emportée vers l'Est.