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Chronologie de la deuxième phase de l'éruption (éruption sous-glaciaire phréato-magmatique puis strombolienne)

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14/04: les pilotes de deux avions qui survolaient le glacier Eyjafjallajökull ce matin ont signalé que de la "fumée" s'échappait d'un endroit situé au sud-ouest du site éruptif de Fimmvörduháls. Il pourrait s'agir du démarrage d'une nouvelle éruption, mais plus dangereuse que la précédente étant donné qu'elle aurait lieu sous le glacier. Les géologues, qui ont survolé la zone éruptive, ont déclaré qu'une importante faille (de type graben) s'est formée autour du cratère  situé sous le sommet du glacier. De changements profonds sont en train d'affecter la nouvelle zone éruptive.  Malgré le mauvais temps, les instruments des scientifiques (probablement une télécaméra thermique) ont pu pénétrer la couche nuageuse pour visualiser la fissure éruptive longue d'environ 2 km. Des chutes de cendre ont été signalées à l'est à proximité de Fimmvörduháls. Le panache éruptif a atteint à présent l'altitude de ~7000 mètres. A l'heure actuelle, l'éruption a lieu au cratère sommital et non pas sur les flancs. La rivière glacière Markarfljót voit son débit de 1000 m3/sec augmenter rapidement. et sa surface a déjà augmenté d'un mètre. Les inondations pourraient être la conséquence les plus menaçantes dans un avenir proche alors que la cendre pourrait affecter les vols transatlantiques nord.

Photos aériennes prises le 14/04 par Marco Fulle

Le volcan du glacier Eyjafjallajökull (vu du sud sur le cliché de gauche) se trouve légèrement à gauche du sommet sur la photo de droite. L'éruption a débuté peu avant 7h. Ce volcan était en sommeil depuis son éruption de 1821-1823.

Séquence vidéo aérienne montrant l'émission d'un panache éruptif au-dessus du glacier Eyjafjallajökull

Thorvaldseyri. Photo d'Ólafur Eggertsson. - Une vague d'eau boueuse s'échappe fougueusement de la langue avale du glacier.


15/04: le trafic aérien nord-européen est fortement perturbé suite au nuage de cendre s'échappant du volcan islandais Eyjafjallajökull  ! Ainsi de nombreux vols ont été annulés en Grande-Bretagne, en Norvège et au Danemark mais aussi, dès ce début d'après-midi, en Belgique pour 24 heures (jusqu'à 18 h demain au moins). Lire l'article du journal "Le Soir" pour plus de détails à ce propos. En cette fin de journée, la quasi totalité des aéroports nord-européens sont fermés. Du jamais vu en Europe pour cette raison !

La crue surgit ce soir de la langue glaciaire Gígjökull vers la rivière Markarfljót à une vitesse d'environ 10 km/h. Il y a des blocs de glace géants, de la taille d'une voiture, dans la rivière. Ce soir vers 21h, les crues de la rivière Markarfljót, dues à la fonte partielle du glacier suite à l'éruption du Eyjafjallajökull, semblent avoir atteint un pic et inquiètent les autorités locales. Deux districts ont été évacués suite à la crainte d'une rupture des digues. Un pont routier est menacé par les eaux boueuses de couleur brunâtre-rougeâtre. Le niveau d'eau boueuse ne se trouve plus qu'à un demi mètre sous le tablier du pont.

Selon un météorologue du Bureau Météorologique Islandais, la cendre émise par le volcan continuera à se déplacer à travers l'Europe et se propagera au-dessus de plusieurs pays dans les prochaines 24 heures. Ainsi, la Scandinavie, les Iles Britanniques et même la Pologne seront sujettes à des retombées de cendre dans les prochaines 24 heures. Certains scientifiques déclarent que l'éruption va se poursuivre avec la même intensité et que la cendre pourrait se répandre tout autour de l'hémisphère nord.

Les fines particules de cendre volcanique sont constituées essentiellement d'éléments (surtout du verre volcanique) silicatés (riches en silice) qui sont très abrasifs. En raison de la haute température au niveau des moteurs, les grains de cendre fondent dans les ailettes des réacteurs d'avion en se soudant les uns aux autres causant ainsi la réduction, voire même l'arrêt, de l'aspiration de l'air ambiant nécessaire au fonctionnement de l'appareil. Le pare-brise de la cabine de pilotage, les hublots peuvent aussi être griffés et même dépolis par les fines particules de cendre abrasive. Les sondes/capteurs de contrôle destinés à mesurer divers paramètres, comme la vitesse et la température, peuvent aussi être endommagées.


16/04: le trafic aérien nord-européen est encore très perturbé ce matin. La plupart des aéroports de la région sont toujours fermés. Les autorités suédoises parlent d'une réouverture de l'espace aérien à partir de 8h30. En ce qui concerne les aéroports belges, il y aura une mise à jour de l'évolution de la situation vers midi selon le ministre des transports. Les dernières nouvelles d'Eurocontrol/Belgocontrol indiquent que l'espace aérien pourrait être fermé jusqu'à demain ou même dimanche.

A 13h, le gouvernement belge a annoncé avoir prolongé l’interdiction des vols dans son espace aérien jusqu’à samedi (17/04) matin 10h suite à la dispersion dans la moyenne atmosphère du nuage de cendres issu du volcan islandais en éruption.

Photo prise par le capteur MODIS du satellite Terra de la NASA, jeudi 15/04, montrant le nuage de cendre volcanique éjecté par le volcan Eyjafjallajökull. Le nuage se dirige vers les Iles Faroe, l'Ecosse du Nord et la Scandinavie.

Le nuage de cendre se trouve juste devant notre côte. (16 avril 2010 à 14.00 heure) Photo: Eumetsat. Cliquez sur la photo satellite pour accéder au site de l'IRM. Voir l'animation de la situation atmosphérique en temps réel sur le site de EUMETSAT

Hier 15/04 vers 17h, des scientifiques ont réalisé les premières images RADAR de la zone éruptive. L'image montre trois cratères de 200 à 500 mètres de diamètre. Cliquez sur le cliché pour voir une vidéo réalisée lors du survol du glacier -- Image RADAR sur fond topographique montrant les fissures dans le glacier le 14/04 à 10h30 .

 Données globales relatives aux images RADAR (fichier pdf) de l'.I E.S.

 

Survol du volcan et visualisation mesures RADAR dans l'appareil.


17/04: l'aéroport de Bruxelles-National restera fermé au moins jusqu'à 18h. La grande majorité des aéroports nord-européens, de l'Italie du Nord à la Norvège en passant par la Suisse, sont fermés à cette heure étant donné que la couche de cendre, bien que diluée, est quelque peu retombée en altitude et que les vents sur la région sont très faibles.

Concernant l'éruption, elle s'est poursuivie avec une intensité constante jusqu'à 4h30 ce matin et s'est ensuite atténuée quelque peu. Le panache éruptif a atteint une hauteur de 8.5 km. Le volcan est toujours en phase de débourrage correspondant à l'éjection de matériaux anciens, qui colmatent le conduit éruptif, avant l'arrivée du magma frais. Des chutes de cendre significatives ont touché la zone proche du volcan provoquant un obscurcissement au pied du glacier. Le nuage de cendre est plus ou moins dense en fonction du vent. Selon la police, la conduite automobile s'effectue comme dans un mur en approchant la localité de Núpur en venant de l'ouest. Il est impossible d'apercevoir la route du véhicule. La cendre contient des particules grossières et fines. Elle renferme aussi de la fluorine qui est un composant toxique pour le bétail mais aussi pour l'homme.

Colonne éruptive s'échappant du cratère sommital du volcan; la calotte glaciaire est recouverte de cendres autour de la bouche éruptive -- Explosion phréato-magmatique. Photos par Marco Fulle (S.o.L.) prises le 17/04

 

Explosions stromboliennes et ondes de choc issues du cratère sommital

Du point de vue volcanologique, cette éruption présente un élément intéressant:  les retombées de téphra (matériaux pyroclastiques) ont une couleur très sombre (au début de l'éruption; 15/04), ce qui serait attendu pour une éruption basaltique de ce type. Cependant, des rapports récents indiquent que les particules deviennent plus claires au fur et à mesure que l'éruption progresse - à présent elles sont plus une teinte grise-brune. Cela pourrait être un indice de l'émission d'un magma plus évolué (différencié); un magma riche en silice pourrait commencer à atteindre la surface. Cet élément pourrait signifier que le volcan est à présent susceptible de produire des éruptions explosives. L'Eyjafjallajökull a déjà un tel passé éruptif à partir de son cratère central. Vu que l'éruption de type phréato-magmatique (du à l'interaction entre la glace/eau et le magma) a d'ores et déjà un caractère violent, elle pourrait devenir de plus en plus explosive au cas où le magma émis serait plus différencié (riche en SiO2). Reyjkavik Grapevine


Estimations préliminaires du volume de téphra, la taille des grains et des taux épanchement de magma.


Les scientifiques de l'
I.I.E.S
.  présentent des estimations approximatives sur le volume de téphra et le taux d'effusion de magma durant les 72 premières heures (14-16 avril) de l'éruption. Elle est basée sur des données d'épaisseur préliminaires obtenues à partir de mesures réalisées sur le terrain par Gudrun Larsen et Armann Höskuldsson le 17 avril et étayées par l'épaisseur des retombées de téphra sur deux sites, qui montrent 8 cm à 20 km et 0,5 cm à 50 km à l'est du volcan ainsi qu'une épaisseur maximale extrapolée de 80 cm à la bouche éruptive. Ils soulignent que ces chiffres préliminaires n'ont pas été corrigés en fonction du contenu en vacuoles des grains de téphra (elles ne sont pas corrigées selon la norme DRE1; "équivalent en roche dense = volume / masse de téphra calculé sur base de matériaux dépourvus de vacuoles/vésicules), et représentent donc une valeur comportant une incertitude estimée à ± 50%.

Les estimations sont les suivantes :


volume de téphra: 0.1 ± 0.05 km3
taux d'effusion moyen: 4-500 m3/sec
taux d'effusion maximum: ~1000 m3/sec

Dispersion du nuage de cendre au-dessus de l'Europe du Nord le 17/04 à 6h UTM.

Nuage éruptif dans lequel la cendre est composé de ~ 58% de SiO2

Cartes mises à jour régulièrement du Centre des Risques liés aux Cendres Volcaniques ("Volcanic Ash Advisory") de Londres.

 

Simulation de dispersion modélisé FLEXPART des émissions gazeuses de l'Eyjafjallajökull  pour la période du 14 au 20 avril. Atmosphere and Climate Department, NILU, Norway.

Autres informations issues des données satellitaires relatives à l''éruption du Eyjafjallajökull. IAVCEI Remote Sensing Commission website


Photos spectaculaires de Marco Fulle (S.o.L.) prises le 16/04 montrant les nombreux éclairs zébrant le panache éruptif.

Impacts de foudre sur l'Islande le 18/04 à 6h03 (la majorité des impacts sont essentiellement situés dans la zone du volcan)


Voir autres photos aériennes de l'éruption.

On sait que certaines éruptions de volcans islandais peuvent durer de quelques semaines à quelques mois, voire exceptionnellement une ou même deux années. L'éruption islandaise la plus puissante et aussi la plus meurtrière a eu lieu au volcan Laki en 1783 lorsque 130 cratères se sont ouverts soudainement le long d'une longue fissure éruptive. Cette éruption initialement phréato-magmatique, qui a libéré un gigantesque volume de gaz volcaniques dans l'atmosphère dont le fameux SO2 ainsi qu'une quantité importante de fluor, a aussi affecté une grande partie de l'Europe du Nord durant les 8 mois qu'a duré l'activité. Elle a été suivie d'une famine, renforcée par un empoisonnement au fluor (HF), qui a causé la disparition de 20-25% de la population islandaise et la destruction d'une partie importante du cheptel. de L'activité spectaculaire la plus récente en Islande a eu lieu sur l'île d'Heimaey dans l'archipel des îles Vestmann. Elle a démarré le 22 janvier 1973 et a duré près de 6 mois avec des conséquences importantes sur l'importante activité de pêcherie de cet archipel.

L'unique éruption connue sous le glacier Eyjafjallajökull date de 1821 et a duré plus d'un an en causant d'importantes chutes de cendre. Elle a connu une phase d'arrêt suivie d'une reprise. Un  volcanologue islandais, le Dr Einarssonn, a déclaré qu'il était vraisemblable que l'éruption actuelle se poursuive durant quelques temps encore. Toutefois, il arrive que certaines éruptions s'arrêtent soudainement, mais il est aussi possible que cette éruption se termine et reprenne sur un autre lieu. Il a aussi signalé que l'éruption du volcan sous le glacier Eyjafjallajökull s'est déplacée du meilleur endroit possible pour une éruption, la seule zone dépourvue de glace, au pire endroit où la calotte de glace est la plus épaisse et où se situe le risque le plus élevé de démantèlement du glacier et de retombées de cendre. Par ailleurs, un déplacement de l'éruption vers le volcan Katla, en sommeil depuis 1918, est toujours à crainte et pourrait, considérant l'imposant volume de ce volcan, être alors beaucoup plus catastrophique


18/04: l'espace aérien belge restera fermé jusqu'à lundi 6h. Ryanair a annulé ses vols jusqu'à mercredi midi au départ de Charleroi & Brussels Airlines en fait de même jusqu'à mardi midi. Les trois aéroports parisiens de Roissy, Orly et du Bourget et ceux situés au nord d'un axe Nantes/Lyon seront quant à eux fermés jusqu'à mardi matin annoncé le premier ministre. Par ailleurs, les compagnies aériennes KLM et Lufthansa ainsi qu'Air France ont procédé à des vols d'essai à plusieurs altitudes afin d'étudier l'impact des fines particules de cendre volcanique très diluées sur les avions de ligne et particulièrement sur leurs moteurs. Les résultats du vol d'essai de la KLM indiquent que tout s'est bien déroulé. La principale association des compagnies aériennes européennes et celle des gestionnaires d’aéroports ont demandé dimanche une « réévaluation immédiate » des restrictions de vols imposées en Europe à la suite du passage d’un nuage de cendres volcaniques venu d’Islande. De plus en plus de contestations s'élèvent, principalement de la part des compagnies aériennes, pour critiquer le modèle de dispersion du nuage de cendres volcaniques islandais publié par le VAAC de Londres. Un certain nombre de spécialistes, de plus en plus nombreux, critiquent le modèle de dispersion des cendres de cet institut britannique en avançant que le contenu en cendres du nuage volcanique, à l'évidence très dilué, n'est pas connu étant donnée qu'il n'a pas été quantifié. Pour ces spécialistes, la conception du modèle de dispersion des cendres dans l'atmosphère reste à ce jour assez énigmatique.

"Les cendres vont continuer à se diriger vers le Royaume-Uni et la Scandinavie", explique Teitur Arason (Institut météorologique islandais). "C’est la prévision générale pour les jours à venir, plus ou moins dans les deux jours qui viennent et probablement pour les quatre à cinq jours prochains", a ajouté le météorologue.

"Actuellement le volcan se dégonfle... Nous nous attendons à voir rapidement un changement" dans l'intensité de l'éruption, a indiqué le géophysicien Sigrun Hreinsdottir de l'Université d'Islande, qui a toutefois mis en garde contre d'éventuelles nouvelles explosions du volcan en préparation. L'Institut Météorologique Islandais a annoncé que les séismes volcaniques de type "tremor" étaient devenus plus intenses et avaient augmenté depuis hier mais que, dans le même temps, la hauteur de la colonne éruptive avait diminué, passant d'une altitude de 11 km au début de l'éruption à 4-5 km ce dimanche. Selon Einar Kjartansson, géophysicien à l'Institut Météorologique Islandais , il y a des signaux mixtes. Certains suggèrent que l'éruption va s'affaiblir alors que d'autres semblent indiquer l'inverse.

Incandescence et éclairs au sommet du volcan du glacier EYJAJJALLAJÖKULL -- L'imposant panache éruptif chargé de cendre se déplace vers le SE

Carte de dispersion approximative du nuage de cendre islandais mise à jour -- Evolution possible à court terme ; Meteosat 0 degree Ash Iceland

Animation de la dispersion du nuage de cendres du volcan islandais


19/04:  L'espace aérien belge rouvrira progressivement mardi 20/04 à partir de 8h. De nombreux pays nord-européens, dont la France, font faire de même.

A l'heure actuelle (17h), il semble bien y avoir une diminution de l'activité éruptive associée à l'apparition de lave fraîche ("rouge") au sommet du volcan. Il y a des indications que l'eau n'est plus en contact avec la colonne éruptive et que de la lave a commencé à couler. En effet, ce matin, un hélicoptère survolant la zone a signalé une éruption lavique et des explosions (voir photo d'hier). Ce nouvel élément devrait impliquer la réduction des retombées de cendres. Une équipe de scientifiques menée par Björn Oddsson de l'I.IE.S. a signalé que le nuage éruptif s'élève encore du cratère mais, d'une part il est moins haut, et, d'autre par sa teinte étant plus clair, cela signifie qu'il contient moins de particules de cendre. I-R-O

Etat de l'espace européen en temps réel par "Flightradar24.com" ; croix bleues = aéroports fermés -- Localisation du nuage de cendres.

Séquence vidéo BBC


20/04: certains pays comme la Norvège et la Pologne ont refermé partiellement leur espace aérien (suite à l'approche d'un second nuage de cendres) mais la plupart des pays reprennent le trafic avec priorité aux atterrissages. La Grande Bretagne a annulé tous ses vols court courrier.

De la lave "fraîche" incandescente s'échappe bien, actuellement sous forme de petites explosion, du cratère sommital du volcan, dégagé de glace/neige, sous la forme d'éjecta. Ce soir, les mesures des stations GPS indiquent une déflation ("dégonflement") sur le site de l'éruption, indiquant que le volume de magma dans la chambre magmatique située sous le glacier est en train de diminuer, ce qui représente un signe que l'activité volcanique pourrait décroître. C.M.I. I.R.O. Est-ce le chant du cygne pour le volcan islandais ou juste une pause avant une nouvelle phase éruptive à un autre endroit ? Seul l'avenir pourra répondre à cette interrogation. Le volcan sous-glaciaire Katla, considéré comme dangereux, est étroitement surveillé tant donné qu'il entre en éruption, en moyenne tous les 80 ans, et que sa dernière éruption à eu lieu en 1918.

Par contre le niveau de fluorine, minéral contenant du fluor, émis par les bouches éruptives de l'Eyjafjallajökul durant les dernières 24 heures est 4 à 5 fois plus élevé que précédemment. Le fluor à haute dose est particulièrement dommageable pour les animaux mais il est rapidement lessivé et dilué par les eaux de pluie. I.R.O

Dans le cercle rouge, la lave incandescente est signe que l'interaction entre la glace du glacier Eyjafjallajökull et la lave est minimale. Selon des observations réalisées lors d'un survol effectué ce matin par des reporters d' I.R.O., les 3 cratères observés depuis le début de l'éruption (au RADAR) sont toujours séparés. C'est un signe positif en ce qui concerne la baisse de l'explosivité du volcan et donc du nuage de cendres libéré dans l'atmosphère. Bonne nouvelle donc pour les compagnies aériennes et beaucoup d'autres secteurs en Europe (clichés < captures d'écran 20/04 de BBC News TV) !

Evolution morphologique du cratère sommital à 3 bouches ("une gueule d'enfer"), observé par RADAR, du 15/04 à 5-6h au 19/04 à 10h30 (~ 1.5 x 2 km)

 

Séquences vidéos aériennes montrant la nette diminution de l'activité du volcan hier 19/04. Ces images suggèrent que l'activité hydromagmatique (interaction magma - eau/glace) est nettement plus faible. L'activité volcanique est en train d'évoluer vers une phase purement magmatique avec éjection plus ou moins violentes de débris et blocs laviques associée à une fragmentation, due aux gaz, assez élevée du magma de composition intermédiaire.


Carte illustrant la position du nuage de cendres ainsi que la situation d'hier et celle attendue aujourd'hui dans l'espace aérien européen. Le Figaro -- Image MODIS montrant le panache de cendre s'échappant du volcan vers le sud.

Vue microscopique des grains de cendre, composés principalement de silice, du volcan Eyjafjallajökull qui perturbent tant le trafic aérien nord-européen.


21/04: séquence vidéo très spectaculaire de l'activité strombolienne au cratère sommital de l'Eyjafjallajökul montrant les ondes de choc, visibles au travers des volutes gazeuses blanches, dues aux explosions violentes d'un magma assez visqueux (composition intermédiaire) et relativement riche en gaz par rapport à l'éruption fissurale précédente. Selon le géophysicien Magnús Tumi Gudmundsson, la bouche la plus méridionale de l'Eyjafjallajökull des deux encore présentes dans le cratère sommital est à présent inactive et la force de l'éruption est actuellement réduite de ~ 90% par rapport à celle des premières journées de l'éruption.

L'éruption émet grosso modo (car l'incertitude est élevée) moins de 30 m3/s de magma (~ 75 tonnes par seconde). L'activité actuelle est caractérisée par un dynamisme explosif de type phréatomagmatique associé à des éjections de blocs incandescents. Le panache éruptif est haut de ~ 3 km et les matériaux pyroclastiques prennent la direction du sud. Du point de vue sismique, quelques fluctuations sont observées mais la situation est globalement stable. Le "trémor" (vibration volcanique) ne diminue pas, ce qui ne se reflète pas au niveau du taux d'émission lavique. Les mesures GPS indiquent une légère diminution de la pression sous le volcan selon un faible taux. Des échantillons collectés le 19 avril montrent une composition identique à celle de la phase explosive initiale mais le contenu en fluorine est plus élevé. On peut l'expliquer par le fait que les téphra ne sont plus autant lessivés que précédemment par l'eau, issue en grande partie du glacier, au sein du panache éruptif. Jusqu'à présent, le volume de matériaux émis est approximativement de 100 millions de m3 et les téphra sont épais de 20-30 mètres près des cratères. Données fournies par: Freysteinn Sigmundsson, Magnús Tumi Guðmundsson, Guðrún Larsen, Níels Óskarsson, Sigurður Reynir Gíslason, Páll Einarsson, Sigrún Hreinsdóttir, Rikke Pedersen, Ármann Höskuldsson, Guðrún Sverrisdóttir, other staff of Institute of Earth Sciences and collaborators. I.I.E.S.

Vidéo réalisée le 20/04 vers 17h., ruv.is.


22/04: la production de cendres du volcan est devenue insignifiante. Le trafic aérien européen est quasi normal ! Du côté volcan l'amplitude du trémor semble en légère augmentation.

Pour rappel, un trémor est une vibration volcanique continue engendrée par la remontée du magma lors d'une éruption volcanique. Les vibrations sont provoquées par les chocs du magma, des bulles de gaz volcanique et des blocs solides contre les parois de la cheminée volcanique.

Photos d'explosions stromboliennes au cratère sommital et des crevasses/grottes dans le glacier de l'Eyjafjallajökul; par Marco Fulle (19/04)


23/04: la situation de l'éruption est globalement similaire à celle d'hier. Quelques fluctuations du trémor, avec un pic peu après minuit le 22/04, sont liées à une petite inondation d'eau de fonte du glacier. Depuis le démarrage de l'activité explosive, le trémor a graduellement augmenté, montrant des fluctuations superposées. Des observations visuelles hier après-midi ont noté des explosions régulières à intervalles de quelques minutes, avec des variations d'intensité et du contenu en téphra. I.I.E.S.

Le panache éruptif de l'Eyjafjallajökull. : photo de Benedikt Jóhannesson.

Notez que les deux aéroports internationaux islandais, Keflavik et de Reykjavik, sont fermés depuis aujourd'hui en raison du changement de la direction des vents. Jusqu'à présent, le nuage de cendres provenant du volcan Eyjafjöll avait été poussé en direction de l'est, atteignant la Grande-Bretagne, les pays scandinaves et l'Europe continentale. Mais la capitale islandaise Reykjavik, située dans le sud-ouest de l'île, à 120 km du volcan, avait été épargnée.


25/04: le cratère nord est encore actif. De faibles explosions éjectent des matériaux à ~ 100 m. au-dessus du cratère. Des ondes de choc secouent le cratère toutes les quelques secondes. Au nord du cratère, une dépression d'un diamètre de 300 m. s'est formée durant les trois derniers jours suite à la fonte de la glace. Des volutes de vapeur s'élevant de la dépression sont expliqués par un écoulement de lave vers le nord. Les experts de l' I.I.E.S. ont estimé le débit total de lave à 20-40 tonnes/seconde. Sur la base de trois types d'observations visuelles, les volcanologues islandais estiment que cette coulée s'est épanchée à partir du 21 avril dernier, sur une distance de 400-500 mètre à la date du samedi 23/04. Par ailleurs, l'activité du panache éruptif diminue graduellement. Les mesures G.P.S. indiquent une très légère subsidence/affaissement en direction du centre du volcan alors que l'intensité du trémor ne varie pas significativement depuis quelques jours. Les risques de "jokulhlaups" (crues créées par l'eau de fonte de la glace) de la rivière Markarfljót prenant sa source à la langue glaciaire Gigjokull, sur le versant nord du glacier, restent faibles (voir carte).

Photo: Jóhannes Benediktsson/Iceland Review


26/04: il semble que l'intensité du trémor (1-4 Hz) soit en train de baisser progressivement depuis hier minuit. L'éruption serait-elle en train de s'essouffler ou est-ce, plus probablement, une accalmie temporaire ? Ce soir, l'amplitude du trémor a légèrement augmenté.

Par ailleurs, une série de séismes a frappé hier soir la zone du Mt Kistufell située sur le versant septentrional du glacier Vatnajökull. Le tremblement de terre le plus fort a secoué la zone à 5h et avait une magnitude de 3.3 sur l'échelle de Richter. Quant à la sismicité dans la zone du volcan Eyjafjallajökul elle reste très faible.

Carte de localisation des séismes en Islande le 26 avril à 17h


27/04: le cratère niché dans la caldeira du volcan sous-glaciaire s'est agrandi. Les images RADAR des gardes-côtes islandais ont montré que le cratère s'était élargi de 200 mètres en diamètre et de 150 +- 20 mètres en hauteur. Le nuage volcanique de teinte claire s'est étiré vers l'est et s'est élevé jusqu'à 3 à 5 km au-dessus du cratère. Les retombées de cendre ont été insignifiantes. La lave s'écoule toujours sous le glacier vers le nord du cratère et a tendance à faire fondre la glace sur les versants. Il n'y a aucun signe que l'éruption soit en train de s'achever. Des bruits d'explosions ont été signalés à ~ 20 km au S.E. du volcan. Il y a un déplacement horizontal vers le centre du volcan superposé à un mouvement vertical d'affaissement (subsidence). Ces observations sont cohérentes avec un déflation (dégonflement) du réservoir magmatique sous l' Eyjafjallajökull. I.I.E.S.


28/04: en gros, la situation est identique à celle d'hier et à celle des 4-5 jours précédents. A noter que la route nationale n° 1 qui passe au sud de l'Eyjafjallajökull a été ré-ouverte aujourd'hui. Hier, une bouche s'est formée au coin S.O.  de la dépression sommitale. La bordure de l'évent se situe à ~ 50 m. en-dessous de la dépression glaciaire sommitale. Une activité d'éjection de scories soutenue jusqu'à une hauteur de 100-200 m. y a été observée. De nombreuses dépressions glaciaires dues au contact lave-glace se sont formées et se sont considérablement élargies depuis le 24 avril dernier. La lave continue à s'écouler vers le nord et son front était à ~ 1 km du cratère hier. Le flanc N.O. de l'Eyjafjallajökull et la langue glaciaire Gigjokull sont de teinte grise +- foncée à cause de la couverture de cendres.  I.I.E.S.


29/04: il n'y aura plus de mise à jour quotidienne jusqu'à la survenue d'un changement notoire de l'activité éruptive étant donné que la situation du volcan est stable depuis plusieurs jours et ne montre aucune variation singulière jusqu'à présent.


04/05: selon les volcanologues de l'Institut des Sciences de la Terre d'Islande, le panache est depuis 2-3 jours «plus sombre et plus large» qu'au cours de la semaine précédente, ce qui signifie que sa concentration en cendres a augmenté et que la «phase explosive s'est accrue en intensité au cours des derniers jours». Cette augmentation du caractère explosif est probablement causée par l'interaction entre la glace et la lave au sein de la langue glaciaire de Gígjökull. Les retombées de téphra dans les secteurs situés à proximité de l'Eyjafjallajökull a augmenté alors que la coulée de lave (débit de ~ 50 tonnes/seconde) s'est avancée de 3 km vers le nord depuis son point d'émission. Elle devrait bientôt atteindre la bordure du glacier. Hier 03/05, le panache éruptif se dirigeait vers l'est-sud-est à partir du lieu de l'éruption. Le niveau du trémor dans la gamme de fréquence 0,5-2 Hz s'est intensifié depuis le 02 mai et est resté élevé depuis cette date. L'éruption est de type mixte avec une phase d'émission lavique plus importante que la phase explosive. Néanmoins, malgré ce léger regain d'activité, l'émission de cendres reste 20 fois moins élevée qu'à la mi-avril au plus fort de la crise, lorsque le nuage recouvrait la majeure partie du nord de l'Europe. La différence provient essentiellement du fait que le glacier qui recouvrait le cratère a entièrement fondu depuis. Or, jusqu'à présent, c'est le choc thermique entre la glace et la lave en fusion qui renforçait le caractère explosif de l'éruption. Du coup, le nuage stationne nettement plus bas qu'il y a deux semaines, entre 4 000 et 5 500 mètres d'altitude. I.I.E.S.

Images de la webcam Mila située au N.O. du glacier ; 04/05 -- Le nuage de vapeur blanche trahit la présence de la coulée de lave sous la langue glaciaire de Gígjökull

Depuis hier, c'est la météo qui est observée en détails. Alors que depuis le 23 avril les vents repoussaient les cendres de l'Eyjafjöll vers le nord de la Scandinavie et l'est du Groënland, loin des principales routes de trafic aérien, le changement de temps intervenu le week-end du 1er mai les rabat à nouveau vers le sud de l'Islande à la faveur d'un flux de nord-ouest puis de nord-est. Le trafic aérien au-dessus de l'Irlande et du Nord de la Grande-Bretagne est fortement perturbé suite à l'arrivée d'un nouveau nuage de cendre en provenance de l'Eyjafjöll. Aujourd'hui, il n'y a pas de vols Ryanair à destination de l'Irlande.

Séquence vidéo spectaculaire de la BBC montrant notamment un "jokulhlaups" issu de la fonte partielle de la langue glaciaire Gígjökull au contact de la coulée de lave.


06/05: des chercheurs du Centre allemand de l'aviation et de l'aérospatiale (DLR) ont traversé le week-end dernier le nuage à 500 km du volcan, entre l'Islande et l'Ecosse, à bord d'un avion équipé d'instruments de mesure, pour déterminer la quantité de cendres rejetées. "Le volcan émet 3.000 kg de cendres par seconde, qui sont encore en suspension sept heures après leur expulsion, d'après une estimation basse", a déclaré le professeur Schumann à Vienne en marge du congrès de l'Union européenne des géosciences (EGU). Il a appelé toutefois à prendre ce chiffre avec précaution car aucune mesure n'a pu être réalisée dans la partie la plus dense du nuage. En suivant la progression de masses d'air sur quatre jours, en collaboration avec des collègues irlandais et britanniques, les scientifiques allemands ont pu notamment observer la dilution des particules. «Ces données vont permettre de calibrer les modèles de prévisions afin de déterminer précisément les quantités de cendres en suspension. La concentration de cendres dépend de nombreux facteurs. Le nuage n'est pas un phénomène passif. Il a ses dynamiques internes», a expliqué Ulrich Schumann.

Image MODIS du panache éruptif, en couleurs réelles, se dirigeant vers le S.E.  --  Image acquise le 4 mai à 14h00 UTC

Selon l'Institut des Sciences de la Terre d'Islande, l'accroissement de l'activité sismique (entre 20 et 30 séismes ont été localisés sous la calotte de glace depuis le 3 mai; dont les uns ont un foyer à 18-23 km et les autres à 2 km) suggère que du nouveau magma ("frais") est en train de migrer à partir d'une zone profonde sous l'Eyjafjallajökull alors que, dans le même temps, les mesures GPS les plus récentes montrent un processus d'inflation (gonflement) dénotant l'arrivée d'un nouveau volume de magma sous l'édifice volcanique. La lave s'épanche toujours vers le nord et se répand à l'altitude de 500 m. asl. Le front lavique est large d'environ 200 m. et les divers canaux de lave, se rejoignant au front lavique, sont larges de 30-60 m. Au nord de la dépression glaciaire sommitale, l'édification d'un cône d'éjections ("spatter cone") se poursuit par accumulation de matériaux en fusion qui se soudent les uns aux autres. I.I.E.S. Freysteinn Sigmundsson, géophysicien à l' I.I.E.S., a déclaré que, bien que le nuage volcanique aie atteint une hauteur similaire à celle de la phase éruptive initiale, il semble qu'il soit moins dense.

Séismes récents sous l'Eyjafjallajökull (Icelandic Met Office)


07/05: l'Institut des Sciences de la Terre d'Islande explique que l'augmentation de la production de cendres est due à l'entrée de nouveaux magmas dans le réservoir du volcan, créant ainsi des changements de pression. L'intensité redevient alors comparable à ce qu'elle était mi-avril. Depuis hier 06/05, l'activité explosive semble avoir diminué. Le panache éruptif ne s'élève plus aussi haut et sa couleur est plus clair suggérant qu'i contient moins de cendres. La sismicité et les déformations sont en baisse suggérant que l'activité sous le volcan est en diminution progressive.

Evolution du nuage de cendre islandais le 7 mai.

Photos récentes (< captures de séquences vidéos) de la phase explosive dans le cratère sommital.


12/05: des dizaines de séismes de faible intensité (Ma < 2) secouent toujours le volcan Eyjafjöll depuis quelques jours. Leur foyer est localisé principalement aux alentours d'une vingtaine de km de profondeur, zone où est située la source probable du magma primaire. L'activité volcanique, relativement fluctuante à court terme, comprend des phases d'accalmie alternant avec des périodes de plus forte activité explosive associée à une émission plus intense de cendres. Le panache éruptif atteint une altitude maximale de 5-6 km. Le volume d'eau de fonte au niveau de la langue glaciaire Gígjökull est bas. L'existence de séismes profonds associés à un niveau de trémor fluctuant et à des déformations continues du volcan suggèrent que l'activité n'est pas sur le point de cesser. L'éruption pourrait encore durer des semaines voire des mois tout comme la précédente activité de ce volcan en 1821 qui a duré un an.

Eyjafjallajökull, et la langue glaciaire Gígjökull à l'avant-plan, à 10h58 le 11 mai. Photo de Sigurlaug Hjaltadóttir.

 

Selon le volcanologue Patrick Allard, Directeur de recherches au CNRS, volcanologue au sein de l'équipe de géologie des systèmes volcaniques de l'Institut de physique du globe de Paris, qui est sur place, l'éruption se traduit par des jets de lave qui sont expulsés du volcan à une vitesse comprise entre 200 et 250 km/h. Des blocs de roche de plusieurs mètres jaillissent à 1 kilomètre d'altitude. Et il y a toujours ce panache de cendres, constitué de magma fragmenté, qui est projeté dans le ciel à 2, 3 ou 4 kilomètres d'altitude. Ces derniers temps, il semble que la composition du magma ait changé, qu'il soit redevenu très visqueux et chargé en silice. C'est ce qui donne à l'éruption sa force explosive. Il n'est pas impossible par ailleurs que nous ayons des arrivées de gaz venu des profondeurs. Les capteurs sismiques détectent aussi une forte activité à 25 kilomètres de profondeur sous la surface du sol, ce qui suggère un rechargement du système en magma, et sans doute une nouvelle alimentation en surface. En clair, l'éruption n'est pas terminée.


14/05: pour les amateurs et collectionneurs en tout genre, de la cendre (environ 160 gr.) du volcan Eyjafjöll est en vente ici au prix d'environ 30 € TTC. Il est à noter que tous les profits de la vente de cendre seront transférés à l'association ICESAR qui a contribué à la sécurité dans la zone du volcan et au nettoyage des fermes sous l'Eyjafjallajökull.


15/05: un essaim sismique composé de 35 secousses a été détecté un peu avant minuit sous l'Eyjafjallajökull et cette mini crise sismique a duré un peu moins de 3 heures. Le foyer des secousses se situait à plus de 20 km et la magnitude se situait en-dessous de 2. Cette reprise d'activité sismique à grande profondeur (~ 25 km) suggère une nouvelle alimentation de magma primaire.

Par ailleurs, Martin Rietze nous rapporte à nouveau de splendides et spectaculaires photos de l'Eyjafjöll prises lors d'un récent séjour en Islande.

Cliquez sur le cliché pour accéder à la page de photos et de vidéos. Photo © Martin Rietze.


16/05: l'activité du volcan islandais en éruption, l'Eyjafjöll, a légèrement augmenté au cours des dernières 48 heures et le nuage de cendres a de nouveau atteint une altitude de 8.000 mètres, a indiqué un volcanologue islandais. Le nuage s'élève maintenant à 8-9 kilomètres", contre environ 6 kilomètres les jours précédents. Le trafic aérien est une nouvelle fois perturbé à cause de la dispersion du nuage de cendres, principalement en Grande-Bretagne. Par ailleurs, de nombreux coups de foudre ont frappé la zone du volcan.

Page de photos & de commentaires d'un guide islandais

 

Vidéo très spectaculaire réalisée près du cratère

 

Beau clip vidéo


24 mai: l'éruption paraît être soit très affaiblie soit terminée provisoirement ou définitivement depuis le 21 mai dernier. Une quantité considérable de vapeur d'eau s'échappe encore du cratère mais le panache éruptif est à présent dénué de cendre. Le trémor est encore plus élevé qu'avant le début de l'éruption, principalement dans la gamme de fréquences 1-2 Hz, mais cela pourrait s'expliquer par la libération de vapeur d'eau; I.I.E.S. Selon Manús Tumi Gudmundsson, géophysicien au I.M.O., la température la plus élevée détectée hier (23/05) après-midi était de 100°c, bien plus faible que la roche fondue, ce qui suggère qu'il n'y a pas de lave fraîche dans le cratère.


25 mai: il semble qu'une zone plus sismique, orientée E-O, soit apparue récemment (depuis 36 heures) entre les glaciers Eyjafjallajökull et Myrdalsjökull qui abrite le volcan Katla. Cependant, il y a aussi des épicentres à l'ouest et au sud du volcan Eyjafjöll.

Image du volcan fournie par la webcam au 25/05 vers 18h00

Graphique illustrant la variation du trémor du volcan Eyjafjöll à partir du début de l'éruption; Icelandic Met Office


27 mai: la déclaration officielle de la fin de l'éruption de l'Eyjafjöll ne sera pas faite avant le prochain week-end selon la décision prise à l'issue d'une réunion qui s'est tenue hier entre des techniciens de la Protection Civile et des scientifiques. Une activité minimale est encore détectée sur le glacier et les récepteurs GPS indiquent de légères variations sur la couche de glace dont la surface est instable en raison d'un épais niveau de cendre qui crée un risque de coulées de boue. Le géophysicien Páll Einarsson a fait remarquer que la plupart des éruptions volcaniques ralentissent généralement graduellement avant de se terminer. Etant donné que l'activité éruptive de l'Eyjafjöll s'est arrêtée assez abruptement, cet expert conseille d'attendre avant de déclarer que l'éruption est terminée. Par ailleurs, aucun signe précurseur d'une possible éruption future au Katla n'est présent. Iceland review

Vidéo aérienne du cratère tournée le 23 mai; ruv.is

Evolution en temps réel du tremor des volcans Eyjafjöll et Katla.


07 juin: selon G. Gudmarsson, il est possible que du magma frais se soit introduit jusqu'en surface de l'Eyjafjöll dans la soirée de vendredi 04/06 dernier où une activité volcanique accrue a été marquée par l'émission d'un panache sombre à partir du sommet du glacier. Les scientifiques islandais n'ont pas encore déclaré officiellement la fin de l'éruption et continuent à surveiller le volcan. Selon Gunnar B. Gudmarsson, scientifique au Bureau Météorologique Islandais, l'activité près du sommet de l'Eyjafjallajökull a augmenté soudainement de 17h à 19h50 et à nouveau un peu avant 21h vendredi dernier. C'est la période de réveil la plus marquante que nous ayons observé depuis que la plupart de l'activité a décliné a déclaré le géophysicien. Du magma a pu s'infiltrer jusqu'en surface mais c'est impossible à confirmer. Il semble que les bruits et les perturbations perçus aient été associés à des explosions de vapeur d'eau ou de gaz volcaniques. Selon lui, il est indéniable qu'une certaine activité explosive persiste. Néanmoins, il a ajouté que cette activité n'a pas une origine profonde et qu'il est possible qu'elle soit la conséquence de perturbations superficielles sur le glacier. D'après les descriptions relatives à la dernière éruption de l'Eyjafjöll en 1821-23, de telles phases de réveil, le plus souvent brèves, sont toujours possibles. I.R.O. Le dernier rapport de l'I.I.E.S.  signale qu'il y a encore une certaine activité éruptive du côté ouest du cratère sommital où un nouveau cratère s'est formé. De faibles explosions magmatiques ont eu lieu avec ou sans production de cendre à proximité du cratère. Par ailleurs, des nuages blancs de vapeur ont atteint une hauteur de 6 km après ces explosions.


13 juin: un lac d'environ 300 m. de large s'est formé au fond du cratère de l'Eyjafjöll. De la vapeur d'eau s'échappe de ses rives et atteint périodiquement le sommet du cratère en étant alors visible à distance. Sur la bordure ouest du cratère, un dégazage brunâtre s'échappe de deux petites ouvertures. Des dépôts de soufre se sont formés juste en-dessous de la bordure du cratère. Les autorités ont fermé l'accès à la vallée de Thórsmörk à cause du danger lié à de possibles inondations flash en contrebas du glacier de Gigjökull. Une grande quantité d'eau semble être contenue dans le cratère du glacier Eyjafjallajökull et sera déversée en aval du glacier Gigjökull tôt ou tard. Ces eaux surgiront dans la rivière Markarfljót qui aboutit dans la vallée de Thórsmörk . I.I.E.S & I.R.O.

Le lac de cratère vu d'avion le 11 juin. Photo: Sigurlaug Hjaltadóttir.


16 juin: il existe un mur de glace aux bordures sud et ouest du lac de cratère. A l'extrémité nord du cratère, une paroi de téphra s'élève à 20 m. au-dessus de la surface d'eau. Les murs de glace situés au coin S.O. du cratère sont en train de fondre, dans la zone où une bouche était active durant les 4 à 6 juin. Le taux de fonte est estimé à environ 1 m3 par seconde. Le niveau d'eau du lac de cratère a augmenté de seulement 1 à 2 mètres au cors du dernier WE. Plusieurs jours ou semaines seront par conséquent encore nécessaire pour que le cratère soit complètement rempli d'eau, voire même plusieurs mois si le processus de fonte ralentissait. Le volume d'eau est à présent de 0.5 million de m3. Si le niveau d'eau montait de 20 m., le volume passerait à 3 millions de m3. La crue qui résulterait d'un débordement du lac se dirigerait vers le nord, en aval du glacier Gigjökull. Dans ce cas, le volume pourrait atteindre un maximum de 1500 à 2000 m3 par seconde. I.I.E.S. A noter que les deux cratères créés lors de la première phase éruptive fissurale près du col de Fimmvörduháls ont été nommés Magni et Módi (noms ayant une origine mythologique islandaise) alors que le nouveau champ lavique a été appelé Godahraun. I.R.O.

Le lac de cratère vu d'avion le 11 juin. Photo: Sveinn Brynjólfsson.


20 juin: depuis le 18 juin, la température dans le cratère a significativement augmenté durant les derniers jours et semble à présent avoir atteint un niveau critique. D'autre part, la température de l'eau du cratère n'aurait pas considérablement augmenté selon les plus récentes observations aériennes. Des masses de cendre sont tombées dans le cratère depuis que les parois de glace méridionales ont fondu, constituant ainsi une couche isolante causant une baisse du processus de fonte glaciaire mais, dans le même temps, une augmentation de la température selon le géophysicien Magnús Tumi Gudmundsson. I.R.O.

L'Eyjafjöll vu à la mi-juin par Thierry Sluys, Luc Calvi et Juan Carlos Molina

27 octobre: selon l'Institut des Sciences de la Terre de l'Université d'Islande, l'éruption, qui a débuté par une activité fissurale le 20 mars puis a migré vers le sommet de l'Eyjafjöll, est officiellement terminée. La dernière émission de cendre a été observée en juin.


LIENS WEB

Article du journal "Le Soir" avec un commentaire de Robin Campion et Alain Bernard sur l'éventuelle nocivité (par le fluor) des gaz volcaniques islandais