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"Activités" L.A.V.E.-Belgique

film (gif animé)

Dernière mise à jour le 27 janvier 2007


En 2005

29 janvier : Thierry Sluys nous a présenté une série de diapositives réalisées lors d'un récent voyage sur l'île de la Réunion. Il a pu y observer les produits et nouvelles structures mais surtout les modifications des paysages intervenues depuis la dernière éruption du Piton de la Fournaise (voir page "Eruptions 2004"). C'est ainsi que le petit cône de scorie, juché à l'extrémité de la plateforme de lave nouvellement créée sur le bord de mer, était déjà en train de subir l'érosion par l'Océan Indien au moment de la visite de Thierry. Une vidéo, réalisée il y a quelques années au Chili par le même volcanophile, nous a permis de revoir les somptueux paysages du Nord Chili et les imposants volcans du désert d'Atacama (Licancabur, Lascar, zone géothermale d'El Tatio) et finalement de voir le spectacle toujours impressionnant d'une petite fontaine de lave s'activant au fond du cratère du Villarica situé dans la province méridionale d'Araucarie. Deux films court-métrages, l'un à propos de la disparition des Orang-Outans de Sumatra et l'autre concernant les volcans japonais actifs de l'île de KyuShu, ont conclu cette après-midi. Evidemment, comme à notre habitude, les discussions se sont poursuivies autour d'une bonne table dans notre restaurant favori, le Delphes. On regrettera néanmoins la faible participation à cette première réunion de l'année (7 personnes).


28 février : Alain Melchior a présenté un film réalisé en novembre 2004 au cours d'un séjour au Guatemala où il a pu observer l'activité des trois volcans les plus actifs de ce pays: le Pacaya, le Fuego, et le Santiaguito. Pour accéder à des informations détaillées sur ce voyage, voir: http://users.skynet.be/etna/Guatemala_2004/

Activité strombolienne d'un petit cône intracratérique du Pacaya (24/11/2004). Cliquez sur la photo pour visionner une courte animation de l'activité (4", 520 Ko)


19 mars: Alain Bernard, professeur de géochimie à l'U.L.B. et spécialiste de la thermodynamique des lacs de cratère, nous a présenté un exposé à propos d'une méthode de télédétection récente utilisée en surveillance volcanologique. Celle-ci repose essentiellement sur la mesure, au moyen d'un capteur embarqué sur un satellite, des températures dans les cratères ainsi qu'à la surface des lacs de cratère et, en parallèle, sur des mesures indirectes, via le même capteur, du taux de sédimentation des sels précipités dans ces lacs de cratère de volcans actifs, le plus souvent acides. Alain nous a expliqué la technique en l'illustrant par des cas concrets (volcans Raung, Ijen & Rinjani en Indonésie, lac de cratère du Taal aux Philippines et lac de cratère Voui sur l' île d'Aoba au Vanuatu). L'outil fait appel à la haute technologie des capteurs ASTER & MODIS, qui différent principalement par leur résolution d'acquisition (respectivement 90 m et 1000 m. au sol par pixel), embarqués sur le satellite Terra. Les deux capteurs ou senseurs se sont révélés très efficaces pour la mesure des températures sur divers volcans peu accessibles et, également, dans le cadre du suivi des variations de température à la surface de quelques lacs de cratère menaçants (Kawah Ijen, Taal). A l'inverse des satellites de télédétection classiques comme Landsat T.M., l'intérêt de ces deux capteurs réside dans le fait qu'ils peuvent fonctionner également la nuit lorsque la chaleur solaire du jour diffusée par le sol n'interfère plus avec le dégagement de chaleur lié à l'activité volcanique/ hydrothermale de basse température, ce qui permet d'obtenir des contrastes de températures plus élevés et, par conséquent, une meilleure précision des mesures, surtout en ce qui concerne les mesures de la température de l'eau des lacs de cratère (en général variant de ± 10 à ± 60°c). Alain nous a présenté essentiellement le principe de fonctionnement du capteur ASTER, instrument financé par le Japon. Il permet de travailler dans une gamme du spectre infrarouge. Deux bandes spectrales dans le domaine des longueurs d'ondes infrarouges sont particulièrement utiles dans le cadre de la surveillance de l'activité volcanique. Le S.W.I.R. ("Short Wave InfraRed" -- ondes infrarouges courtes, ± équivalent au proche infrarouge) et le T.I.R. (infrarouge thermique). La détection fine de la diffusion par le sol des ondes de ces deux parties du spectre infrarouge au niveau du capteur ASTER permet de mesurer des contrastes de température de l'ordre du degré (T.I.R.) à quelques dizaines de degrés (S.W.I.R.; notamment illustré par la mise en évidence des coulées de l'Etna émises lors de l'éruption de 2001) et cela avec une assez grande précision. On signalera que c'est dans l'infrarouge (surtout le S.W.I.R. et le T.I.R.) que l'influence de l'atmosphère est minimale en ce qui concerne les effets de dispersion (réflexion, réfraction, absorption,...) de la chaleur du sol par l'atmosphère. Par conséquent, c'est dans ces deux gammes spectrales que la mesure du flux de chaleur d'une source au sol est la moins altérée par les processus de dispersion de la chaleur dans l'atmosphère. C'est pour cette raison que seule l'analyse de l'absorption du spectre infrarouge par le capteur permet d'obtenir une grande précision au niveau de la mesure de la température au sol. Le suivi de l'évolution de ces températures dans le temps se révèle souvent crucial dans le cadre de la prévision d'une activité éruptive. L'infrarouge thermique est principalement utilisé pour la mesure des plus basses températures (de quelques degrés à ± 70°c en ce qui concerne les lacs de cratère et les champs fumerolliens de basse température). Elle est donc particulièrement efficace pour mettre en évidence des petits écarts de température survenus entre deux passages du satellite au-dessus d'un volcan donné (cas récent d'un cône intracratérique au volcan Raung à l'Est de Java) mais aussi au niveau des calorimètres géants que sont les lacs de cratère (Ijen, Taal). Il est à noter que les spécialistes chargés de la surveillance volcanologique à distance peuvent aujourd'hui introduire une demande, cela à tout moment via un site internet, afin d'obtenir des données ASTER infrarouges (scènes de 60 x 60 km) sur des zones volcaniques sensibles, c'est-à-dire celles qui leur semblent particulièrement susceptibles de redevenir actives à court ou moyen terme. Dorénavant, on peut donc suivre l'évolution thermique des volcans depuis le bureau via des satellites spécialisés. Dans ce cadre, Alain nous a montré des images spectaculaires de lacs volcaniques où on peut identifier clairement des cellules de convection thermique associées à des mouvements d'eau chaude remontant du plancher du cratère à la suite d'une intensification de l'activité volcanique/hydrothermale (Ijen, Taal, Voui, Rinjani). Dans le domaine de l'infrarouge thermique, le recoupement des températures mesurées sur le terrain avec celles fournies indirectement par les mesures du capteur ASTER a permis à l'équipe bruxelloise d'élaborer un algorithme (dit U.L.B.) afin de mettre au point un calibrage (basé sur les paramètres d'une droite de régression linéaire) de la température fournie par les mesures d'absorption d'un champ donné du spectre infrarouge analysé par le capteur ASTER. On signalera que cet étalonnage est indépendant du facteur climatique et que, dès lors, l'analyse des températures peut être effectuée sur l'ensemble des lacs de cratères situés dans le monde entier. Par ailleurs, la mesure de l'absorption dans un autre domaine spectral restreint de l'infrarouge permet également de suivre l'évolution du taux de sédimentation des précipités (silice, sulfates, carbonates, chlorures,...) dans les lacs de cratère (exemple du Rinjani sur l'île de Lombok). Etant donné que la quantité de précipités qui se forment, et sédimentent ensuite, est liée directement à la température, elle-même fonction de l'état d'activité du volcan, ce paramètre permet de suivre l'évolution de l'activité volcanique secondaire (hydrothermale) et, par conséquent, indirectement de l'activité éruptive.  Alain nous a finalement parlé du suivi de l'évolution dans le temps de la superficie du lac du volcan mexicain El Chichon (qui connut une éruption paroxysmale en 1982) au moyen du satellite. Cette dernière peut varier du simple au double en fonction du débit de l'alimentation d'une source hydrothermale sous-lacustre, et cela indépendamment de la saison (sèche ou humide).

QUELQUES LIENS

Galerie de photos "ASTER" consacrée aux volcans

Image ASTER (T.I.R.), réalisée le 24 février 2005, dans le secteur du volcan Kliuchevskoi et Shiveluch (Kamtchatka, Russie) -- Le tracé en rouge représente une coulée de lave descendant le flanc NO du volcan. Le mélange de la lave avec la glace/neige du glacier Ehrman a produit des coulées de boue.

Pour obtenir des données thermiques du capteur MODIS (notamment sur certains volcans) en temps réel, voir: http://modis.higp.hawaii.edu/

Anomalie thermique actuelle associée au volcan Kliuchevskoi (Kamchatka)

Pour accéder à des images "ASTER" thermiques (SWIR & TIR), voir:

www.gsj.jp/database/vsidb/image/"Volcan"/volinfo.html

Remplacer uniquement le nom du volcan (ici Ambrym) pour visionner les images s'y rapportant.

Pour obtenir des données ASTER et d'autres satellites ou SRTM (topo), consultez:

Après cet exposé très intéressant, nous nous sommes retrouvés, comme d'habitude, dans notre sympathique restaurant grec, le Delphes, pour poursuivre les discussions de volcans dans une ambiance conviviale et chaleureusement volcanique. Encore un grand merci à Alain Bernard !


15 octobre : Thierry Dockx (DOS pour les initiés) nous a présenté un magnifique diaporama digital (sur support DVD) concernant un voyage en Nouvelle-Zélande (île du Nord) qu'il a effectué en février 2005 en compagnie de deux autres compatriotes. Ce séjour avait évidemment comme objectif principal la visite des volcans actifs et des zones géothermales de ce superbe pays des antipodes. Vous pouvez retrouver des photos de ce voyage en cliquant ici. En seconde partie, Alain Melchior a présenté un montage audiovisuel digital à propos de  l'expédition qui l'a conduit au volcàn de Fuego de Coliùa au Mexique en juin 2005. Merci à Robin Campion pour avoir pu  obtenir l'autorisation de disposer d'un auditoire à l'U.L.B.,  équipé à la projection de montages audiovisuels sur grand écran (à noter néanmoins l'impossibilité d'obtenir du son). La soirée s'est poursuivie dans un restaurant proche du campus.

26 novembre : Benjamin Barbier & Robin Campion ont présenté l'objet des missions de l'U.L.B. sur les volcans d'Indonésie. Malheureusement, le rapporteur des réunions est resté bloqué chez lui en raison des mauvaises conditions météo.

17 décembre : Juan Carlos Molina nous a permis de rafraîchir nos connaissances relatives au modèle de la tectonique des plaques au moyen d'une présentation PPT intégrant de nombreuses cartes actualisées de la terre publiées récemment par l'USGS (relief, séismicité, volcanisme). Une animation, présentant la probable localisation des continents dans 60-100 millions d'années, mettait en évidence la disparition progressive de la Méditerranée suite au rapprochement des plaques eurasienne et africaine, la transformation du bloc Est africain (région située à l'est du rift) en grande île et, en Orient, le regroupement en un seul bloc de l'Australie, du Japon, des Philippines et des îles de la Mélanésie/Micronésie. En seconde partie, un film, très spectaculaire, à propos de la dernière grande éruption du Piton de la Fournaise (9/2004) a été projeté. Les images de l'édification rapide et agitée d'un petit cône de scories par agglutinement de lambeaux de lave très fluide (< mélange lave + eau de mer) ainsi que les projections incessantes expulsant une multitude de filets de lave virevoltant agilement dans les airs ont fasciné les quelques 25 personnes présentes dans la salle de l'ULB. Dix-sept d'entre nous se sont ensuite retrouvés dans un restaurant viet-thai où l'ambiance fût, comme à l'accoutumée, très conviviale.

20 décembre: Agnès Mazot a présenté brillamment sa thèse de doctorat et a obtenu le diplôme de Docteur ès Sciences (U.L.B.). Le sujet en était : "Activité hydrothermale des volcans Kelud et  Papandayan (Indonésie) et évaluation des flux de gaz  carbonique". Encore bravo à Agnès et nous lui souhaitons plein de succès dans sa future carrière de chercheur en volcanologie.